2014-06-30

Like love?

- Let's go, Leeloo. Wake up. Wake up. It's time for you to work now.
- Protect life... until death.
- Listen to me! Listen to me. Listen, I know you're very tired. I'll take you on vacation. A real vacation, just you and me. But if you don't do something right now... we'll all die.
- What's the use of saving life when you see what you do with it?
It'll enter the atmosphere in 40 seconds.
- You're right. You're right. There are some things... very nice things worth saving; beautiful things. Beautiful things.
- Like love?
- Yes, love. That's good. That's good. That's a good example. Love is worth saving.
- I don't know love. I don't know love. I was built to protect, not love. So there's no use for me other than this.
- You're wrong. You're wrong. You're wrong. I need you. I need you, very much.
- Why?
- Because... because...
Tell her, Korben.
- Tell me. Please. Why you need me?
- Because...
- Tell me. Tell me.
- Because I-- Because I love you. I love you.



- Leeloo, réveille-toi, tu as du travail.
- Protéger la vie... jusqu'à la mort.
- Ecoute-moi ! je sais que tu es très fatiguée. Après, je t'emmène en vacances. Des vraies ! A deux. Mais si tu réagis pas, on va tous mourir, compris ?
- Pourquoi sauver la vie, quand on voit ce que vous en faites ?
Pénétration atmosphère : 40 secondes.
- Tu as raison ! Mais il y a de belles choses, qui méritent d'être sauvées. De très belles choses.
- Comme l'amour ?
- Oui, l'amour, bon exemple. L'amour mérite d'être sauvé.
- Je ne connais pas l'amour. Je dois protéger, pas aimer. Je n'ai pas d'autre fonction.
- Non, tu te trompes !J'ai besoin de toi. Vraiment besoin. 
- Pourquoi ?
- Parce que...
Dites-lui, Korben.
- Dis-moi, je t'en prie... que tu as besoin de moi.
- Parce que je t'aime.

2014-06-28

Les Derniers Amants

Jim Jarmusch, Only Lovers Left Alive, 2013

2014-06-25

Diva

Maksakova sur l'interdiction de la propagande homosexuelle : "L'adoption de cette loi était une faute"
Traduit par : Julia BREEN publié Mercredi 25 juin 2014
Anton Krasovsky, premier journaliste russe à avoir fait son coming-out en direct à la télévision, a interviewé la députée de Russie Unie Maria Maksakova au lendemain de son intervention choc à la Douma mardi 17 juin : la députée y avait ouvertement critiqué la loi "contre la propagande des relations non-traditionnelles auprès des mineurs". Elle a également proposé d'apporter des amendements au texte et d'en supprimer les articles sur la propagande des relations non-traditionnelles.

Anton Krasovsky : Au fond, pourquoi aviez-vous besoin de prendre position contre la "loi anti-gay" ?
Maria Maksakova : Je commencerai par rappeler que cette fameuse "loi sur la propagande de l'homosexualité" a été adoptée en grande hâte et dans l'agitation. À peine le comité spécialisé en avait-il étudié le texte que la loi était déjà proposée en séance plénière. Le document annexe pour la présentation en séance plénière comporte deux champs, indiquant les jugements respectifs - "pour" ou "contre" - de l'Administration présidentielle et du présidium de la fraction. Et nous avons vu, dans ce document annexe, que l'administration présidentielle était contre.
A.K. : L'Administration présidentielle était contre ?__M.M. : Oui, et c'est là tout le problème.
A.K. : Si je comprends bien, l'administration du président était contre, et alors même que le présidium de la fraction Russie Unie a dit "Nous n'en comprenons pas l'intérêt", la loi a été proposée en séance plénière ?
M.M. : Oui. Et ensuite, la décision a été prise très rapidement de voter "pour", même si le gouvernement était contre.
A.K. : Mais vous aussi, donc, au début, vous avez soutenu la loi ?
M.M. : Partant du fait que je représente le milieu artistique [Maria Maksakova est aussi cantatrice d'opéra, ndlr] et que, peut-être, j'ai des considérations exagérément frivoles quant aux normes morales, j'ai pensé que je ne serais certainement pas au diapason d'une grande partie de la société russe. Ce poids me pesait sur l'âme, mais je me suis dit : bon, voyons voir comment tout cela va évoluer. Et quand toutes mes craintes ont commencé d'être confirmées...
A.K. : Quelles craintes ?
M.M. : Je sentais que ce serait très loin d'être simple, pour nous tous, à l'étranger. Mais la réalité a largement dépassé mes craintes : la moindre visite du moindre haut responsable politique était accompagnée d'une déferlante de questions à ce sujet.
A.K. : Avez-vous des amis, des connaissances qui vous ont téléphoné à l'époque en disant : "Macha, mais t'as pété un plomb, ou quoi ?" ?
M.M. : Non, évidemment. Ils comprennent parfaitement que c'est un élément de la discipline du parti. Parmi mes proches, parmi les gens avec qui je suis amie depuis l'enfance, il y a des gays, et ils représentent pour moi des autorités indiscutables, certains sont mes instituteurs. J'avais très mal pour eux. Mais le plus désagréable, c'est que la société elle-même s'est divisée en deux parties. Les actes législatifs de ce genre dessinent une ligne de barricades, en séparant de la société les gens qui considèrent que la liberté de pensée, de confession - et y compris la liberté d'orientation sexuelle - sont une priorité pour toute notre civilisation européenne. Notre marche vers cette prise de conscience a été longue, douloureuse, mais nous y sommes parvenus. Pour cette raison, lorsque ces libertés commencent d'être méprisées, celui qui a lu Voltaire, Diderot, Rousseau commence de se sentir mal à l'aise. Et puis, pour les adolescents qui sont en train de grandir, c'est très dur.
A.K. : Comment avez-vous pris la décision de proposer des amendements à cette loi ?
M.M. : Il m'a semblé qu'il était temps que tous se convainquent que l'adoption de cette loi était une faute. Je suis certaine que personne n'avait prévu une telle résonance. Et absolument persuadée que beaucoup ont regretté.
A.K. : Même Poutine ?
M.M. : Je pense que ce n'est absolument pas son initiative et pas sa loi. Des gens lui ont raconté quelque chose à propos de la démographie, et quand je dis des gens, ce n'est pas vous et moi, vous comprenez, ce sont des gens qui dirigent des centres de recherche scientifique. Car c'est précisément la démographie qui constituait l'argument principal de toute la partie analytique du projet de loi.
A.K. : C'est-à-dire qu'on a interdit les gays pour que les gens fassent plus d'enfants ?
M.M. : Dans la pensée des auteurs de ce projet de loi, les enfants doivent naître exclusivement au sein de la famille.
L'homme, même s'il est à 300% homosexuel, doit absolument se marier et rendre heureuse la femme qui vivra à ses côtés, et lui aussi sera très heureux...
A.K. : Nous avons beaucoup de familles comme ça chez nous.
M.M. : Et il n'y a rien de bon là-dedans. Le fait qu'elles existent, c'est un héritage de l'époque soviétique - quand l'homosexualité était un crime, quand un fonctionnaire des Affaires étrangères non marié, par exemple, ne pouvait pas partir travailler à l'étranger. C'est pour ça que beaucoup de gays vivent encore aujourd'hui dans la pénombre. Vous savez, je pense qu'Elena Misoulina [auteur du projet de loi, députée du parti Russie Juste, ndlr] ne se rend pas compte de l'ampleur des dégâts.
A.K. : Pensez-vous que Misoulina était l'initiatrice réelle de cette loi, ou la lui a-t-on tout de même soufflée d'en-haut, depuis l'Administration présidentielle ?
M.M. : Elle mûrissait cette loi depuis longtemps déjà, et à un moment, par un concours de circonstances qui demeure pour moi incompréhensible, ses propositions ont été entendues.
A.K. : De la même façon que Milonov - parce que c'est son idée à lui. [Vitali Milonov, député de l'assemblée législative de Saint-Pétersbourg, membre du parti Russie Unie, auteur de la loi "sur la responsabilité administrative pour propagande de l'homosexualité et de la pédophilie", ndlr]
M.M. : Milonov me paraît tout simplement odieux. Pardonnez-moi, évidemment, mais j'irais bien contrôler son orientation sexuelle avec un détecteur de mensonges. Parce que tous ses discours avec de la bave au coin des lèvres [contre les homosexuels, ndlr], vous savez, ce n'est pas normal.
A.K. : Je me souviens très bien de la façon dont nous avons préparé le programme sur cette loi que Milonov a soutenue au niveau régional à Saint-Pétersbourg. Tout le monde disait : personne ne l'adoptera jamais, cet homme est un fou. Et puis, la loi est adoptée au bout de deux semaines là-bas, et un an plus tard - au niveau fédéral. Jamais je ne pourrai croire que ça s'est fait sans l'approbation de Poutine.
M.M. : Je suis absolument certaine qu'il s'agissait d'une intrigue, et qu'elle est arrivée dans les mains de Poutine sous une forme déjà toute prête.
A.K. : Comment ça, "arrivée sous une forme toute prête" ?
M.M. : Sous la forme d'une loi déjà adoptée par la Douma. Je suis certaine que la loi a d'abord été adoptée par la Douma puis approuvée par le Conseil de la Fédération [chambre haute du Parlement], et ensuite présentée au président - et présentée par les gens qu'il fallait, qui ont expliqué quel en était l'intérêt.
A.K. : Vous avez une idée de qui sont ces gens ? Ces gens qui portent la responsabilité de toute la honte et de toutes les humiliations qu'a subies Vladimir Vladimirovitch dans le monde entier à cause de cette loi stupide...
M.M. : J'aurai du mal à vous répondre à cette question, il faut étudier les nominations et renvois.
A.K. : Et vous, vous êtes-vous entendue avec quelqu'un sur votre initiative ? (Maria Maksakova a proposé un projet de loi alternatif, visant à interdire la diffusion auprès des mineurs "d'informations qui affirment la supériorité des relations sexuelles sur les valeurs de la vie et sur le développement spirituel et intellectuel". Elle a également proposé de supprimer de la loi sur la protection des mineurs en vigueur la clause interdisant la propagande des relations non-traditionnelles.)
M.M. : Je l'ai fait de façon autonome. Au départ, j'avais neuf co-auteurs, mais finalement, nous ne nous sommes retrouvés qu'à deux avec Sergueï Katassonov [du parti LDPR, ndlr] ; et tous les députés [qui ont voté pour l'introduction des amendements proposés par Maksakova, ndlr] venaient de fractions différentes.
A.K. : Et les sept autres co-auteurs ?
M.M. : Ils ont courageusement voté pour. D'ailleurs, une partie d'entre eux sont des représentants de Russie Unie. Et puis, il faut dire que 12 [le nombre total de députés ayant voté pour les corrections de Maria Maksakova, ndlr], c'est vraiment un bon chiffre. Il y a eu des gens célèbres qui n'avaient que 12 disciples - et pourtant, ça a changé le monde.
A.K. : Comment a-t-on réagi à votre discours au sein de la direction de Russie Unie ?
M.M. : Je ne vois pas l'intérêt d'entrer dans les détails, mais disons qu'en séance du comité, Elena Misoulina m'a proposé de renoncer à intervenir. Et que j'ai tout de même décidé que ce discours était indispensable.
A.K. : Mais pourquoi Misoulina ? Vous siégez pourtant dans un autre comité...
M.M. : Je leur ai soumis le texte pour étude. Ils ont dit que le comité [pour les questions de la famille, des femmes et des enfants, ndlr] ne soutenait catégoriquement pas mon initiative. Je veux souligner que notre amendement est d'une grande retenue : je n'ai jamais dit qu'il fallait totalement abolir la loi en vigueur ! J'ai seulement proposé que, plutôt que de protéger 7 à 10 % des gens, nous embrassions la population entière, y compris les malheureuses jeunes filles qui se retrouvent enceintes à 14 ans - ce qui, entre nous, est de nos jours un phénomène généralisé. Ça m'intéressait de connaître leurs objections, et j'ai donc été très étonnée de voir que la députée Misoulina considère l'homosexualité comme un péché monstrueux et croit véritablement dans le caractère missionnaire, sacré de ses actes législatifs. Nous sommes tout de même des représentants de la civilisation européenne. C'est un constat qu'il est ardu de contester.
A.K. : Elena Misoulina et Vitali Milonov le contestent, pourtant...__M.M. : Je ne sais pas ce qu'ils placent dans la notion de "valeurs européennes". Ils s'imaginent que la ville de Sodome a été anéantie à cause de l'homosexualité, mais ça ne correspond pas à la réalité. Je ne sais comment leur expliquer qu'il s'agissait de l'emprise du péché comme tel, de la corruption dans tous les sens du terme.
Pardonnez-moi, évidemment, mais si le Seigneur avait incendié toutes les villes où l'homosexualité existe, notre planète ressemblerait depuis longtemps à Mars.
A.K. : N'avez-vous pas l'impression que cette série de lois récentes, et généralement tout ce qui s'est passé dans le pays au cours des deux ou trois dernières années constitue précisément un tournant vers le rejet de ces "valeurs européennes" ?
M.M. : Je vous dirai ceci : la personnalité de Poutine m'en impose, fortement et profondément, parce que cet homme non seulement se distingue par une énorme discipline et parce qu'il vit par et pour son travail, mais encore parce qu'il a été réellement capable, au fil de toutes ces années, d'apprendre.
A.K. : Il me semble que votre discours est arrivé tout à fait à propos.
M.M. : Pour qui ?
A.K. : Pour le pouvoir. Parce que dans la situation actuelle, de confrontation avec l'Occident, la présence d'une voix européenne s'élevant à l'intérieur même du pays leur paraît utile.
M.M. : Alors dites-moi - et pourquoi n'ont-ils pas voté pour notre amendement ? Qu'est-ce qui les a gênés ?
A.K. : Je ne sais pas.
M.M. : J'ai moi aussi raisonné de cette façon. À moi aussi, il me semblait que c'était, par essence, une option de compromis.
A.K. : Votre carrière internationale [de chanteuse d'opéra, ndlr] a-t-elle souffert du fait qu'à l'époque, vous avez voté pour cette loi sur la propagande gay ?
M.M. : Non, vous savez, étonnamment, personne n'a relié mon activité de députée à cette loi. Pour une raison que j'ignore, Guerguiev, par exemple, qui ne siège même pas au parlement, en a plus subi les conséquences. Mais pour moi, c'est comme si c'était passé parfaitement inaperçu.

A.K. : La démocratie existe-t-elle en Russie aujourd'hui ?
M.M. : Nous avons aujourd'hui une base absolument démocratique, grâce à la Constitution. Toutes les lois doivent la respecter. Le fait qu'il existe des choses douteuses, qui ne répondent pas à la Constitution est une autre question. Mais là, la raison est à chercher dans la société elle-même, dans ses demandes.
Le texte fédéral relatif à la propagande dite "homosexuelle" a été adopté par la Douma d'État en juin 2013. Il constitue un amendement à la loi en date de 2010 "Sur la protection des enfants, contre l'information nuisible à leur santé et à leur développement". Le texte interdit toute diffusion d'informations "visant à promouvoir les relations sexuelles non-traditionnelles".Cet amendement vient en outre modifier le Code administratif, ainsi complété d'un article sur la responsabilité pour "propagande des relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs". Cet article prohibe, sur l'ensemble du territoire russe, toute diffusion d'informations "ayant vocation à développer chez les mineurs une orientation sexuelle non traditionnelle, à promouvoir l'attractivité des relations sexuelles non-traditionnelles, à former des représentations erronées sur la parité sociale des relations sexuelles traditionnelles et non-traditionnelles".Tout contrevenant est passible d'une amende allant de 4000 à 5000 roubles (80 à 100 euros) pour les particuliers, et de 40 000 à 50 000 roubles (800 à 1 000 euros) pour les serviteurs de l'État. Les personnes morales risquent des amendes pouvant aller jusqu'à 1 million de roubles (20 000 euros), ou la cessation de leur activité pour un délai pouvant aller jusqu'à 90 jours. Les citoyens étrangers sont passibles d'une amende allant jusqu'à 100 000 roubles (2 000 euros), qui peut être remplacée par une détention administrative allant jusqu'à 15 jours, et d'une expulsion du territoire russe.
Source : Snob.ru, Anton Krasovsky


http://www.lecourrierderussie.com/2014/06/maksakova-interdiction-propagande-homosexuelle-l-adoption-loi-etait-faute/

Divine

Regina delle fate says:
Just in case anyone missed Iveri’s letter to the Georgian President here it is:-
18 May, 2013
Yesterday I was shocked by the president’s clear, black and white statement: “We have been disgraced, what will Europe and the world think of us? We have been trying for so many years and hardly have managed to unite with the European family.”
Mr. President, it is clear that in recent years you have been bending your head to the West, regardless of its good or bad you have been doing it tirelessly, even up to now, but personally I, a person who condemns any kind of violence, having many gay friends and relatives…. yesterday, I was quite proud of the fact how Georgian society spat at the parade, organized by your (and not just your) team. Forgive the nation, because the organizers’ spoon fell not into ashes… but into the substance laying on the bottom of village toilets. If some people, persuaded by you … Frank or John wants to invest in Georgia… let them invest. They, along with our country, can benefit from it, but I am asking you one thing… please, stop vigorous attempts to bring West’s “fecal masses” in the mentality of the people by means of propaganda. Do not try to wrap this mass in beautiful packages, pour Chanel perfume on it and present it to people as if it was something of medical, recreational qualities. No matter how unhappy “friendly West” might become, fortunately, the Georgian people are well aware of what fruits, offered by the West in their menu, to eat and what to discard. Just like my small dog guesses it.
What you can do? Georgian nation is very impolite and violent. They cannot drag a tribune with microphone back and forth, as you can. They cannot use long words and diplomatic speech. Whatever they don’t like, they just break the jaws of it!!!! Often, in certain cases, it is necessary to break the jaws in order to be appreciated as a nation in the future and to be taken into account seriously. Even today, U.S. ambassador said that the people who raided the rally yesterday were against NATO. No, Mr. Ambassador: those, who yesterday raided the rally, are Georgian youth of pure blood, still unspoiled by you. I will never forget a trembling young man, who said in front of TV cameras: “People, 50 thousand men have come out in the street against 50 people, because I have a 5- year-old son at home, and I will not let anyone get away with corrupting his mind.” From my side I would tell you, Mr. Ambassador -- I spat at your NATO, which tells me that first I have to put up with and permit all these and then I will be accepted [in NATO]. There might be 20, 30, or even 100 people like this to please you, but you won’t be able to stoop [the term that is used in the original version means “bending down for anal sex”]) the whole nation to get into NATO! Georgia existed perfectly well for many centuries before creation of US and NATO.
What can you do, Mr. President? You have such an impolite and jaw breaker youth. Probably that’s why we are doing so well in rugby, judo, wrestling, in defending our homeland, and in all manly things that you are often proud of. Georgian man has always been the symbol of bravery and his inseparable attributes were a “Chokha” (Georgian national dress) and a sword. And if you kill all of these senses that they have… then what do you want to achieve? Instead of Irakli, George, Zurab… should we, in the future, hand Tbilisi over to the guys with Louis Vuitton bags? Dolce&Gabana shoes? Christian Audigier shirts? Nail-polished Ikakos, Gikakos and Zukakos [Georgian names with diminutive suffixes] with L’Oreal gel-styled hair? And by increasing the number of these masses of people are you going to strengthen the army, win rugby games and wrestling Olympiads, send troops to Afghanistan and finally, fight back Sokhumi and Tskhinvali [cities in Georgia's breakaway regions]? You know very well that this category of boys would rather go to Saint-Tropez and relax on the beaches of Nice rather than fight for Sokhumi.
Instead of protecting these kinds of rallies with your teeth… why don’t you organize the parades and events that would refresh and relax people? Copy good things from Europe, for example, the Health Day, when a marathon would be held, Rustaveli Avenue and Freedom Square would be blocked and stores would sell only healthy food and the sports equipment. Children’s Day, when lots of toys and food would be brought to the store shelves, events, attractions… Mickey Mouse or other big toys, outdoor children’s performances to entertain kids. Let’s organize grand Opernballs in theaters, just like in Europe, for which people prepare throughout the whole year. They buy beautiful long evening gowns, men wear white ties and smockings at big events at opera, accompanied by Strauss Waltz and gala concerts…. in cabs, they would enter the theater on red carpet and enjoy the evening, dancing, seeing each other, enjoying concerts and the buffet. Also, it would be nice, to have an annual “Retro Day”, where everyone would wear Chokhas in the center of the city, there would be Kharachokhels, Kintos, retro tables, horses, carriages, TV Shows would only broadcast historical programs… so that, somehow, the people and the youth…. would feel themselves in the era of Ilia [Chavchavadze] and Akaki [Tsereteli]. Additionally, animal exhibitions, competitions, attractions. Many might think I’ve started dreaming silly, but let’s use those millions to make people’s lives diverse and slightly more beautiful, and not for projects that are dropped in dust in 2 days, just like butterflies, or not for facilitating this kind of parades. However…. kind projects unite people, but of course something that intrigues people and sparks aggression is more beneficial. My gay friends in Georgia have full comfort from me and from the society. They are not limited in any way. Moreover, they have much more subtle, refined taste and character and manners than the Georgian boys have, but… It is actually a sexual deviation and in our Orthodox country, which has a very deep and long history, it does not need parades, fireworks, balloons, agitation/propaganda and chanting that we are very civilized, modern and COOL people. This devastates the fragile nature of children, especially, as by medical perspective – out of the 50 people maximum three are born gay. For others it is acquired because of following the trend or because of entering some kind of groups of people.
Once again, I state with regret whatever happened yesterday. Of course, there is no justification for violence. Priest’s place, as I believe, is in a church, however, the fact is that cancer metastases need to be removed in the beginning of the process and any possible ways to do so are accepted in medicine. If you ignore it today…. tomorrow they will demand same-sex marriages, the day after tomorrow they will require rights for adoption. And I really do not want Georgia, a place that I am always happy to visit, to resemble certain blocks of Amsterdam. Mr. President, you are a father of two boys, and probably you want your boys to make you proud in a manly manner (or excuse me, but who knows, maybe you with your family, have traveled to the Netherlands’ and Amsterdam’s red light districts so many times that you might accept your boys’ “deviated” decision calmly with full- tolerance). Your family is your castle, of course, but Georgian traditional families do not think so and, please, do not damage people’s mentality and don’t shove fecal masses coming from the West with table spoons in people’s mouths. Some people achieved what they wanted. Because of 50 screaming “paraders”… people have started writing inadequate comments on this site: “I do not want to be an Orthodox,” “I will not go to the church with these priests”, “I should become Catholic” and similar
statements. Yes, they reached the goal, and I condemn the Georgians, who because of 50, even raided “paraders”, go against their religion. There should not be any place in the Orthodox world for this kind of soul-hesitant people. Everyone forgive me if this status is too “impudent and loud”. Where appropriate, nobody can teach me how to talk diplomatically. For those who are angry with me … I will end this status with the great Ilia’s poem:
“They say about me: he speaks bad about Georgia,He is not hiding our bad sides -- this is a clear hatred!This is what fools say; but a good heart will understand immediately How much love is in this hatred!”Respectfully,
Tamar Iveri

Source: http://facebook.com/tamar.iveri/posts/10200807719427742
http://parterre.com/2014/06/19/clash-by-day/comment-page-1/



http://yagg.com/2014/06/23/apres-des-propos-homophobes-publies-sur-facebook-une-chanteuse-dopera-ne-se-produira-pas-a-sydney/

April

Henin-Beaumont: the League of Human Rights expelled by the mayor FN
Posted on April 8, 2014, 12:38 pm By admin

This is the first political gesture Steeve Briois Mayor FN Henin-Beaumont. He suspended the grant to the League of Human Rights, section Henin-Carvin, and requested him to vacate the local municipal she occupied, due to political opposition. Steeve Briois relies to make a judgment of the Conseil d'Etat, which concerned, in 2002, the Lycra in Draguignan. "The Council of State indicates that it is not possible to subsidize an organization that fights a political formation whose existence is legally recognized," says the press release of the National Front, which concludes: "That well-pensance done therein: now the law will be respected in Henin-Beaumont!"
The cloth burns effect for some time between Frontists officials and Alain Pruvot, the head of the section of the LDH on the sector. During the campaign, Alain Pruvot had called "block the way" in FN, because of "dangerousness". Briois had responded by suggesting a "hate campaign" anti-FN. Bruno Bilde, FN and close to Marine Le Pen Regional Adviser believes that LDH is an "association of the extreme left, which, moreover, has no agreement with the city to occupy the premises. "He protested:" It is illegal ", then irritated:" We have just been elected to that end in this system of cronyism, with funding friendly associations. "


Hénin-Beaumont : la Ligue des droits de l'Homme expulsée par la mairie FN
STÉPHANIE MAURICE LILLE, DE NOTRE CORRESPONDANTE 8 AVRIL 2014 À 13:47

RÉCIT
L'association avait appelé "à barrer la route" au Front national lors de la campagne électorale des municipales.

C'est le premier geste politique de Steeve Briois, le maire FN d'Hénin-Beaumont. Il a suspendu la subvention accordée à la Ligue des droits de l'Homme, section Hénin-Carvin, et lui a prié de déguerpir du local municipal qu'elle occupait, pour cause d'opposition politique. Steeve Briois s'appuie pour se faire sur un arrêt du Conseil d'Etat, qui concernait, en 2002, la Licra à Draguignan. "Le Conseil d'Etat indique qu'il n'est pas possible de subventionner une association qui combat une formation politique dont l'existence est légalement reconnue", indique le communiqué de presse du Front national, qui conclut : "Que la bien-pensance s'y fasse : désormais la loi sera respectée à Hénin-Beaumont !"

L'argumentaire est juridique, mais on en retient surtout l'odeur de chasse aux sorcières. "On s'y attendait", confie Georges Voix, le délégué régional de la Ligue des droits de l'Homme. "C'est un hommage à la LDH pour sa lutte contre l'extrême-droite. La section d'Hénin-Carvin se bat contre l'implantation du Front national depuis quinze ans, en appelant à toutes les consciences républicaines."
Le torchon brûle en effet depuis un moment entre les responsables frontistes et Alain Pruvot, le dirigeant de la section de la LDH sur le secteur. Pendant la campagne, Alain Pruvot avait appelé à "barrer la route" au FN, pour cause de "dangerosité". Briois avait répliqué en évoquant une "campagne de haine" anti-FN. Bruno Bilde, conseiller régional frontiste et proche de Marine Le Pen, estime que la LDH est une "association d'extrême-gauche qui, de plus, n'a aucun convention avec la mairie pour occuper les lieux." Il s'insurge : "C'est illégal !", puis s'agace : "Nous avons été justement élus pour qu'on en termine avec ce système de copinage, avec le financement des associations amies."

Georges Voix le rappelle : "La Ligue des droits de l'Homme est une organisation politique, mais non partisane. Nous ne combattons pas un parti, mais une idéologie." Elle restera à Hénin-Beaumont, où elle a déjà trouvé un nouveau local. "Nous avions anticipé la décision. C'était une salle prêtée par la municipalité, elle pouvait donc la retirer", précise-t-il. Pas question de quitter la commune : la LDH vient de créer dans la municipalité un comité local de vigilance citoyenne.

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/08/henin-beaumont-la-ligue-des-droits-de-l-homme-expulsee-par-la-mairie-fn_994035

June

The FN of jumper Ayuntamiento will remove free canteens for poor families.
Posted on June 25, 2014 by admin

The Town Hall national Front of le Pontet (Vaucluse) was to validate Wednesday night in City Council the decision to abolish totally free of the canteen for the poorest households, a measure aimed at empowering parents strongly criticized opposition UMP families must contribute to the collective charges. What is free for some is paying for others, because the cost is borne by the community. We want to empower parents. Who has not 1.57 EUR to be paid to the community for a complete and balanced meal?, told AFP Xavier Magnin, Director of cabinet of the Pontet, Joris Hébrard FN Mayor, confirming France blue Vaucluse information. This sum equals the excluding which could claim the parents of the 65 children concerned, according to Mr. Magnin, the hourly rate of the meal being 3.15 EUR. The savings thus made should be 29. 000 EUR, according to Mr. Magnin, indicating that 60 municipal tariffs would also be revised at this Council. Small rivers are major rivers, he added. The opposition leader Claude Toutain (UMP) denounced on France blue Vaucluse waves an anti-social measure. We touch the most disadvantaged, single-parent families, people at the RSA or at the end of right to unemployment, while the Mayor is granted an increase in salary of 44 per cent, or 1. 000 EUR, which would have funded 500 meals per month, he added. It must be said that it is our duty, when one is a little easier to help people a little more distressed, concluded Mr. Toutain, denouncing an absolutely disgraceful decision. The Director of cabinet of the Mayor replied explaining that the city was ruined by the previous municipality UMP, with 50 M EUR from debts. We act in conscious public funds Manager, forced to act, he says. Mr. Hébrard won the municipal elections with 42.6% of the vote, ahead of little Mr. Toutain (42.5%)

http://n3rd.tv/the-fn-of-jumper-ayuntamiento-will-remove-free-canteens-for-poor-families/



Un maire FN veut supprimer la gratuité des cantines pour les familles démunies
Le conseil municipal du Pontet, dans le Vaucluse, devrait valider cette décision ce mercredi soir, que l'édile justifie par une volonté de "responsabiliser les parents".

La mairie Front national du Pontet (Vaucluse) devait valider mercredi soir en conseil municipal la décision de supprimer la gratuité totale de la cantine pour les ménages les plus démunis, une mesure visant à "responsabiliser les parents" que critique vivement l'opposition UMP.
"Les familles doivent contribuer aux charges collectives. Ce qui est gratuit pour les

uns est payant pour les autres, car le coût est supporté par la collectivité. Nous souhaitons responsabiliser les parents. Qui n'a pas 1,57 euro à verser à la collectivité pour un repas complet et équilibré ?", a déclaré à l'AFP Xavier Magnin, directeur de cabinet du maire FN du Pontet, Joris Hébrard (photo AFP), confirmant une information de France Bleu Vaucluse.
Cette somme correspond à la demi-gratuité à laquelle pourraient prétendre les parents des 65 enfants concernés, selon Xavier Magnin, le tarif normal du repas étant de 3,15 euros.
Les économies ainsi réalisées devraient être de 29 000 euros, d'après Xavier Magnin, précisant qu'une soixantaine de tarifs de régie municipale allaient également être révisés lors de ce conseil. "Les petites rivières font les grands fleuves", a-t-il ajouté.
Le leader de l'opposition, Claude Toutain (UMP), a dénoncé sur les ondes de France Bleu Vaucluse une mesure "anti-sociale". "On touche les familles les plus défavorisées, monoparentales, les gens au RSA ou en fin de droit au chômage, alors que le maire s'est octroyé une augmentation de salaire de 44%, soit 1 000 euros, qui aurait permis de financer 500 repas par mois", a-t-il ajouté.
"Il faut bien se dire qu'il est de notre devoir, quand on est un peu plus aisé, de venir en aide aux personnes un peu plus en difficulté", a conclu Claude Toutain, dénonçant une décision "absolument scandaleuse".
Le directeur de cabinet du maire a rétorqué en expliquant que la ville était "ruinée par la municipalité précédente UMP, avec 50 millions d'euros de dettes". "Nous agissons en gestionnaire soucieux des deniers publics, obligés d'agir", assure-t-il. Joris Hébrard a remporté les élections municipales avec 42,6% des voix, devançant de très peu Claude Toutain (42,5%).
AFP

2014-06-24

Chabot

Daniel Defert: "Michel Foucault n'a jamais cessé d'être présent"
Publié par Florian Bardou
Il y a 30 ans, le 25 juin 1984, un des plus important.e.s philosophes français.es contemporain.e.s disparaissait, emporté par le sida. Yagg a rencontré celui qui a partagé sa vie jusqu'à sa mort pendant presque 25 ans.

1984-2014. Le 25 juin prochain cela fera 30 ans que Michel Foucault est mort du sida. Or, trois décennies après sa disparition, l'homme et son œuvre connaissent une vitalité sans précédent. Celui que l'on présente comme l'un des plus important.e.s philosophes contemporain.e.s a laissé derrière lui un héritage conceptuel repris et réinvesti dans de très nombreuses disciplines à travers le monde, est traduit en plus de 35 langues et a été érigé en star dans les universités américaines.
Mais, que reste-t-il de l'homme dans la mémoire de ceux qui l'ont connu de très près? Daniel Defert, 77 ans, sociologue de formation, son compagnon pendant près de 25 ans, a accepté de parler à Yagg de sa relation avec Michel Foucault. Dans un long entretien réalisé dans l'appartement qu'il a occupé avec le philosophe entre 1970 et 1984 rue de Vaugirard - et qui a peu changé depuis -, le fondateur de Aides, la plus grande association de lutte contre la sida, livre une part de son intimité et brosse le portrait de l'homme, l'intellectuel, le militant des prisons ou le professeur au Collège de France avec lequel il a partagé un quart de sa vie. Souvenirs et tranches de vie de couple.
Quand et comment avez-vous rencontré Michel Foucault? 
C'était en septembre 1960, j'étais à Paris depuis une semaine. C'était également la première semaine où Foucault revenait à Paris, puisqu'il avait passé cinq ans à l'étranger, en Suède, en Pologne et en Allemagne. Je venais d'intégrer l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Mon professeur de littérature française à Lyon, dont j'étais un peu amoureux, m'a présenté au "plus brillant philosophe de sa génération". Il m'a emmené dîner chez un inconnu pour moi, qui rentrait d'Allemagne, qui avait à ce moment-là environ 32 ans [ndlr, en fait 34], moi dix de moins. Il avait un côté très germanique, à la fois dans le comportement, l'habit et le geste, qui m'avait mis un peu mal à l'aise. Mais il y avait avec lui un jeune étudiant allemand, Jürgen, et la relation entre ce dernier et Foucault était très impressionnante d'élégance, de respect. J'étais aussi ce soir-là avec Roland Barthes, que j'avais connu au Fiacre [ndlr, boîte gay de Saint-Germain des Prés] un an auparavant, en même temps que Jean-Paul Aron. J'étais séduit par la relation de Foucault et de Jürgen, à la différence de Barthes qui avait une manière de traiter les gens un peu plus jeunes... Je dis souvent que d'un côté il y avait le monde de Charlus et de l'autre le monde de San Francisco. Il y avait 100 ans d'écart entre les relations d'âge et de classe sociale.
Après cette première rencontre avec Foucault, je suis retourné le voir pour des conseils sur mes études, j'étais aussi assez engagé contre la guerre d'Algérie, Foucault suivait ça de loin mais s'intéressait à mon militantisme. Il habitait à l'époque Rue Monge, un appartement acheté par ses parents pour lui et son frère. Il a ensuite acheté un appartement dans le XVe arrondissement. Alors que les intellectuels se devaient d'habiter le VIe ou le VIIe, Foucault n'était pas du tout comme ça et il avait cherché l'immeuble le plus moderne, le plus fonctionnel. Le prestige social ne comptait pas beaucoup pour lui ou alors il ne le montrait pas. Nous avons emménagé dans l'appartement de la rue de Vaugirard en 1970.
Comment Michel Foucault était-il par rapport à son homosexualité? 
Je l'ai toujours trouvé à l'aise. Bien sûr, il y a des témoignages de sa toute première jeunesse où il semble qu'à l'École normale, ce fut difficile, pour différentes raisons. Mais ce qui me frappe, c'est qu'il a toujours ramené ses copains chez sa mère. Bien sûr, il ne disait jamais: "J'amène mon amant". Il y avait de la discrétion et pas d'interdit, en tout cas dans le milieu que je fréquentais.
La première fois que nous avons emménagé ensemble, il a voulu qu'on aille faire nos achats au Bon Marché, en faisant la démonstration qu'on s'installait. Toutes les vendeuses étaient amusées, moi j'étais gêné de cette spectacularisation de notre vie conjugale. Au contraire, Foucault, ça l'amusait.
Une anecdote aussi. Foucault entre dans un magasin pour acheter un imper réversible. Le vendeur lui explique que ce n'est pas vraiment utile et Foucault réplique: "Monsieur, c'est pour le principe!" Même Didier Eribon a donné une image coincée de Foucault mais je ne l'ai jamais connu comme ça. Il n'y avait ni secret ni scandale. C'était comme ça, on ne crie pas, on l'affirme.

Était-il plutôt casanier ou aimait-il sortir? 
Lorsque nous nous sommes connus, nous dînions tous les soirs au restaurant, à Saint-Germain des Près, en compagnie d'autres intellectuels, puis nous allions très souvent au Fiacre. C'est moi qui n'ai plus voulu sortir. Il m'a dit: "Ça m'arrange, moi je n'aime pas sortir". Foucault était un homme qui travaillait beaucoup. À 9 heures du matin, il était à sa table de travail, le plus souvent à la Bibliothèque nationale. Vers 18 heures, il recevait des amis et ses compagnons de route sur la politique, puis nous partions dîner. En général, à 11 heures du soir, nous étions rentrés. On sortait pour des raisons sociales et militantes et pas pour des raisons érotiques. Foucault travaillait beaucoup. Il faut imaginer le travail considérable qu'il a accompli.
Ses travaux étaient-ils des sujets de discussion entre vous? 
Non. Foucault ne vulgarisait pas sa pensée [rires]. Même dans ses rapports amicaux avec Gilles Deleuze qu'il fréquentait. Un jour un biographe de Roland Barthes m'a écrit pour savoir si Foucault et Barthes parlaient de littérature entre eux. J'ai trouvé une très jolie phrase de Marcel Proust dans À la recherche du temps perdu selon laquelle on s'imagine que les écrivains entre eux parlent de littérature, alors qu'ils parlent de jeunes filles comme tout le monde. J'ai repris cette citation que j'ai envoyée au biographe qui n'en a pas fait usage, mais on comprend de quoi ils pouvaient bien parler... Quand Foucault voulait discuter de la pensée de Deleuze, il écrivait sur Deleuze, et quand Deleuze voulait discuter de la pensée de Foucault, il écrivait sur Foucault. Ils se lisaient, se répondaient par des textes théoriques mais ne se parlaient pas. On était à une époque où ils passaient plutôt par d'autres médias comme les manifs. Où les retrouvait-on tous ces intellectuels dans les années 1960? Dans les manifs et dans l'espace public!
Ça m'arrivait de poser des questions théoriques, mais Foucault avait tellement l'habitude des conférences ou des cours qu'il devenait un peu prof. Parfois quand je lui posais une question, ça pouvait devenir un cours et ça me réfrénait. Je prenais connaissance de sa pensée en le lisant. On discutait de ses introductions. Par exemple, sur Histoire de la sexualité, je lui ai dit que je n'étais pas d'accord avec sa préface et il l'a réécrite. Mais il a quand même fait publier la première version de la préface aux États-Unis. Nos discussions étaient toujours un peu théoriques, mais on ne discutait pas les choses les plus profondes de sa pensée.
A posteriori, sur la question de la conjugalité gay, était-il attaché au mariage à l'adoption, à des droits qui n'existaient pas à l'époque et qui n'étaient pas encore au centre des revendications? En discutiez-vous? 
Parfaitement. Un jour nous avions appris qu'il y avait un pasteur presbytérien en Écosse qui mariait des gays. Michel avait trouvé ça très bien, et il m'a proposé que nous allions en Écosse nous marier. Moi, j'ai rigolé et je le regrette. Pour lui, c'était justement un acte symbolique fort. Je ne l'ai pas fait car cela n'avait pas de valeur légale et nous n'étions pas croyants. Lui disait: "C'est pour le principe!". C'est moi qui n'ai pas voulu. Une autre fois, l'un de nos amis qui vivait au Japon a voulu adopter un jeune Philippin mendiant. Il reçoit une lettre: "Cet enfant est heureux avec vous, vous êtes heureux avec cet enfant, vous savez qu'à Manille, on peut adopter des enfants, adressez vous au juge untel". Très impressionné, il appelle son compagnon Maurice Pinguet [ndlr, anthropologue] qui a écrit La Mort volontaire au Japon et était un grand ami de Foucault. Maurice va voir le juge qui lui dit que c'est lui qui lui a fait adresser cette lettre et décide d'entamer la procédure. Avec Foucault, on est absolument bouleversé quand on apprend cette histoire-là, Michel se lève, prend son passeport et dit: "Allez, on y va"! Encore une fois, c'est moi qui ai hésité à adopter un enfant en me demandant si un enfant allait être heureux avec un couple de pédés. On s'est assis, on en a discuté pendant des heures, et on n'a pas été sûr qu'on ferait le bonheur de cet enfant. Mais vous voyez qu'on s'est posé la question du mariage et de la paternité.
En termes de langage, puisque les mots étaient importants pour Foucault, comment vous appeliez-vous? 
On se vouvoyait. Foucault avait vécu en Suède où tout le monde se tutoie. Il fallait donc marquer une différence. Pour lui, quand une relation est intense, on se vouvoie. Et quand Foucault constatait que j'étais bien avec quelqu'un, il s'exclamait: "Mais, vous le vouvoyez?!". À ce moment-là, je cessais tout de suite de vouvoyer la personne [rires]. Le vouvoiement, c'était l'intimité.

Quels sont les souvenirs que vous gardez de votre relation? 
Je ne peux pas dire que je garde un souvenir en particulier de ces 25 ans de relation, la plupart du temps intense. C'était quelqu'un qui analysait tout, tout le temps, que ce soit les relations affectives, politiques ou sociales. C'était quelqu'un qui ne voulait pas de suiveur. Il ne voulait pas créer d'école. Quand je voulais lui prouver que j'étais un authentique foucaldien et que je faisais l'analyse de quelque chose pensant qu'il aurait fait la même, il me répondait: "Ah, c'est intéressant, mais je ne vois pas du tout les choses comme ça!" Et paf, j'étais redescendu en bas, il fallait recommencer l'analyse!
Le monde n'était jamais stable, il y avait toujours à le problématiser. C'était l'innovation permanente. Entre les moments d'amour et les moments de souffrance, ça a été toujours intense.
Comment a-t-il réagi au sida? 
J'en parle dans le livre d'entretiens avec Eric Favereau et Philippe Artières*. Jusqu'à fin 1983, on n'a jamais soupçonné que c'était cette maladie-là étant donné que la description que donnait la presse de cette maladie était rare et essentiellement axée sur le Kaposi [ndlr, cancer de la peau]. Michel n'a jamais eu de Kaposi. Associer une maladie qu'on présente mortelle et stigmatisante et la sinusite persistante dont il souffrait, on n'y pense pas. Il ne faut pas aussi qu'on associe systématiquement homosexualité et sida, il faut qu'on recherche d'autres pistes, donc les médecins hésitent beaucoup. Ce n'est que fin décembre 1983 qu'ils disent que ça peut être ça, mais ils ne sont pas prêts à lui proposer le diagnostic. Les médecins avaient compris qu'il n'y avait pas d'issue et ils ont tout fait pour permettre à Foucault de finir son travail.
Michel était allé aux États-Unis, je pense qu'il avait lu des choses dessus, plus qu'il n'en parlait. Il était revenu des États-Unis très fatigué. Début 1984, Michel a été remis sur pied par l'antibiotique Bactrim contre un début de pneumocystose. Il a assuré son cours au Collège de France, il a fini ses deux bouquins sur L'histoire de la sexualité. Il était convaincu que ce n'était pas le sida puisqu'il arrivait à faire tout cela. Mais je pense que Michel le savait, il en avait parlé à quelques personnes, il ne m'en a pas parlé, pour ne pas m'affoler. Son médecin, Odile Picard, m'avait dit: "Si ça avait été ça je vous aurais examiné". Ça m'a rassuré et j'en ai parlé à Michel qui au contraire était paniqué parce qu'il a pensé à ce moment-là que je pouvais être contaminé. Il a compris le mensonge. Les choses se sont accélérées dans les quelques jours suivants. Il s'est effondré d'un seul coup. Le 3 juin, il rentre à l'hôpital où il meurt le 25 juin.
Quand je l'ai appris au sens strict, c'est au moment du décès. On m'a appelé en me disant: "Son état s'est aggravé". Et quand je suis arrivé à l'hôpital, on m'a dit: "Allez à l'état civil". Il était déjà mort. Sur la table, nous avons trouvé le document d'entrée à l'hôpital, je lis: "Cause du décès: sida". Je me tourne vers Odile Picard qui me dit de ne pas m'inquiéter et que ça sera effacé. Je lui réponds que la question n'est pas là. Par rapport à Foucault, par rapport à la vie de militantisme qu'on avait eue, par rapport à la prise de parole - nous avions créé le Groupe d'information sur les prisons (GIP), on avait quand même 35 révoltes de prison à notre actif -, je n'allais pas en rester là.
J'ai créé l'association Aides non pas sur le nom de Foucault mais en mémoire, par rapport à lui, car si nous avions pu en parler, si ça ne s'était pas passé en trois semaines, nous aurions certainement décidé ensemble quelque chose. Je pense que si c'est moi qui étais mort à ce moment-là, il n'aurait pas baissé les bras.
À propos d'héritage, 30 ans après, que reste-t-il de Foucault? 
C'est l'œuvre qui reste. Et beaucoup de choses de l'homme aussi. La question est un peu brutale, mais je suis frappé qu'aujourd'hui pour un bon nombre de colloques, un peu partout que ce soit au Brésil ou aux États-Unis, tous les gens qui travaillent sur Foucault sont énormément sollicités, et dans toutes les disciplines. Aussi bien pour problématiser l'économie politique, la science politique, l'urbanisme et de l'architecture, la psychologie, la psychanalyse, le droit etc. La plupart des disciplines à un moment ou un autre rencontrent son œuvre. Il y a non seulement l'œuvre qu'il a publiée lui-même, mais il se trouve qu'on a contrevenu à sa volonté.

Il avait dit par testament qu'il ne voulait pas de publications posthumes. Kafka avait dit la même chose. Il l'avait dit à Max Brod [ndlr, un écrivain et journaliste tchèque] qui lui avait toujours dit qu'il n'en ferait rien, et Kafka le savait. Donc quand Foucault disait: "Vous ne me ferez pas le coup de Max Brod!", je ne sais pas s'il avait réellement confiance en nous. Toujours est-il qu'il ne voulait pas de publications posthumes. Par contre, à l'hôpital, dans les dernières semaines, on avait tous les deux envisagé de faire une anthologie de ses textes. Après sa mort, on a donc quand même eu le projet de réunir tous les textes publiés de son vivant: des textes dispersés dans le monde entier, ceux des interviews données etc. Avec François Ewald, qui en a pris l'initiative, Gilles Deleuze et Jacques Lagrange ont commencé à réunir tous les textes à travers le monde. Ça a pris pas mal de temps. Claude Mauriac m'avait dit: "Vous serez sollicité les dix premières années". Or, dix ans, ce n'est quand même pas beaucoup, du coup j'ai un peu poussé à la roue pour qu'on ne publie pas Les Dits et Écrits avant 1994, alors que le livre était déjà prêt.
Pour beaucoup, Les Dits et Écrits ont modifié la lecture de Foucault car il y avait beaucoup de textes politiques que les gens avaient oubliés. Les livres avaient une visibilité, étaient traduits dans le monde entier mais les textes politiques, c'était particulier. D'un seul coup, les gens ont eu accès à son œuvre autrement. Foucault commentait ses livres: il y a eu une espèce de facilitation pour un public qui ne connaissait pas l'œuvre. Il était aussi vu comme un militant politique, comme un intellectuel et plus seulement comme un philosophe ou un théoricien.
Foucault avait passé 13 années au Collège de France, extrêmement suivies par 400 à 600 personnes par séance qui enregistraient ses cours. Ce qui a donné des éditions pirates, notamment en Italie, au Brésil et à Hong Kong. On était un peu embarrassé d'autant que la première publication qu'on a trouvée en Italie contenait des erreurs: il y avait des ajouts qui n'étaient pas vraisemblables. Devait-on faire un procès? La famille de Foucault a consulté un magistrat qui a nommé un médiateur, Stéphane Hessel, qui avait été ambassadeur auprès des Nations unies pour la propriété intellectuelle. Il a décidé d'associer l'éditeur pirate à l'édition de référence. On a donc fait une édition de référence des cours en France, désormais traduite un peu partout dans le monde. Finalement, on s'est retrouvé avec une édition posthume qui n'était pas prévue. Mais Foucault en laissant enregistrer avait préparé le terrain. On a encore un volume à publier et au fond cette image de la discontinuité de Foucault est un peu résorbée par tout ce travail continu. Ça a changé la perception du travail de Foucault et d'une certaine manière l'œuvre de Foucault n'a pas cessé d'être présente dans l'espace public année après année. Il n'a jamais cessé d'être présent. Ce n'est pas comme la mort d'un auteur de 30 ans, c'est la mort d'un auteur dont le prochain livre va sortir dans peu de temps.
À quoi était liée cette méfiance de l'université française à l'égard de Foucault alors qu'aux États-Unis on peut parler de véritable "Foucault mania"? 
En France, il y a eu une espèce de vindicte, de méfiance de Foucault pendant de nombreuses années dans l'université notamment à cause de son interdisciplinarité. Sur quelle discipline travaillait-il? Était-il historien? Les historiens récusaient son approche historique car Foucault citait des "philosophes de moindre importance" par rapport à Hegel comme Nietzsche. Et puis il y a eu un mouvement politique. Quand Luc Ferry et Alain Renaut ont eu la responsabilité des programmes d'enseignement supérieur et secondaire, ils ont fait en sorte que "la pensée de 68", comme on disait, ne soit pas trop présente. Or, c'est cette pensée qui a renouvelé l'université américaine pendant qu'on mettait des barrières en France. Les sciences humaines américaines ont été très marquées par l'école de Francfort qui est arrivée à son épuisement quand le marxisme a perdu de son influence à la chute des pays communistes en Europe. Donc d'une certaine manière, il y avait un besoin de renouvellement des sciences humaines aux États-Unis et la "French theory", en particulier la pensée de Foucault, a été extrêmement utilisée et extrêmement présente. L'Amérique a fait de Foucault un auteur traduit dans le monde entier.
*Une vie politique, _Entretiens avec Philippe Artières et Éric Favereau, Daniel Defert, (Seuil), 368 pages, 22€.
Entretien réalisé par Florian Bardou et Christophe Martet

http://yagg.com/2014/06/23/daniel-defert-michel-foucault-na-jamais-cesse-detre-present/

2014-06-22


Lonette

2014-06-21

About Time

 
About Time / Il était temps/ À travers le temps, Richard Curtis, 2013

2014-06-15






2014-06-11

Spring is Here


LB, Spring is Here, etching, four plates, 2014

2014-06-10


プルースト


http://magcul.net/event/pref-kanagawa20130608-2/

2014-06-08

Cote 307

"Vous ne savez peut-être pas, mon cher ami, me disait-elle, que voilà bientôt deux ans que je suis à Tansonville. J'y suis arrivée en même temps que les Allemands. Tout le monde avait voulu m'empêcher de partir. On me traitait de folle. - Comment, me disait-on, vous êtes en sûreté à Paris et vous partez pour ces régions envahies, juste au moment où tout le monde cherche à s'en échapper. - Je ne méconnaissais pas tout ce que ce raisonnement avait de juste. Mais, que voulez-vous, je n'ai qu'une seule qualité, je ne suis pas lâche, ou, si vous aimez mieux, je suis fidèle, et quand j'ai su mon cher Tansonville menacé, je n'ai pas voulu que notre vieux régisseur restât seul à le défendre. Il m'a semblé que ma place était à ses côtés. Et c'est, du reste, grâce à cette résolution que j'ai pu sauver à peu près le château - quand tous les autres dans le voisinage, abandonnés par leurs propriétaires affolés, ont été presque tous détruits de fond en comble - et non seulement le château, mais les précieuses collections auxquelles mon cher Papa tenait tant. " En un mot, Gilberte était persuadée maintenant qu'elle n'était pas allée à Tansonville, comme elle me l'avait écrit en 1914, pour fuir les Allemands et pour être à l'abri, mais au contraire pour les rencontrer et défendre contre eux son château. Ils n'étaient pas restés à Tansonville, d'ailleurs, mais elle n'avait plus cessé d'avoir chez elle un va-et-vient constant de militaires qui dépassait de beaucoup celui qui tirait les larmes à Françoise dans la rue de Combray, et de mener, comme elle disait cette fois en toute vérité, la vie du front. Aussi parlait-on dans les journaux avec les plus grands éloges de son admirable conduite et il était question de la décorer. La fin de sa lettre était entièrement exacte. "Vous n'avez pas idée de ce que c'est que cette guerre, mon cher ami, et de l'importance qu'y prend une route, un pont, une hauteur. Que de fois j'ai pensé à vous, aux promenades, grâce à vous rendues délicieuses, que nous faisions ensemble dans tout ce pays aujourd'hui ravagé, alors que d'immenses combats se livrent pour la possession de tel chemin, de tel coteau que vous aimiez, où nous sommes allés si souvent ensemble. Probablement vous comme moi, vous ne vous imaginiez pas que l'obscur Roussainville et l'assommant Méséglise, d'où on nous portait nos lettres, et ou on était allé chercher le docteur quand vous avez été souffrant, seraient jamais des endroits célèbres. Eh bien, mon cher ami, ils sont à jamais entrés dans la gloire au même titre qu'Austerlitz ou Valmy. La bataille de Méséglise a duré plus de huit mois, les Allemands y ont perdu plus de cent mille hommes, ils ont détruit Méséglise, mais ils ne l'ont pas pris. Le petit chemin que vous aimiez tant, que nous appelions le raidillon aux aubépines et où vous prétendez que vous êtes tombé dans votre enfance amoureux de moi, alors que je vous assure en toute vérité que c'était moi qui étais amoureuse de vous, je ne peux pas vous dire l'importance qu'il a prise. L'immense champ de blé auquel il aboutit, c'est la fameuse cote 307 dont vous avez dû voir le nom revenir si souvent dans les communiqués. Les Français ont fait sauter le petit pont sur la Vivonne qui, disiez- vous, ne vous rappelait pas votre enfance autant que vous l'auriez voulu, les Allemands en ont jeté d'autres ; pendant un an et demi ils ont eu une moitié de Combray et les Français l'autre moitié."


"Perhaps you do not realise, my dear friend," she wrote me, "that I have now been at Tansonville two years. I arrived there at the same time as the Germans. Everybody wanted to prevent me going, I was treated as though I were mad. 'What,' they said to me, 'you are safe in Paris and you want to leave for those invaded regions just as everybody else is trying to get away from them?' I recognised the justice of this reasoning but what was to be done? I have only one quality, I am not a coward or, if you prefer, I am faithful, and when I knew that my dear Tansonville was menaced I did not want to leave our old steward there to defend it alone; it seemed to me that my place was by his side. And it is, in fact, thanks to that resolution that I was able to save the Château almost completely—when all the others in the neighbourhood, abandoned by their terrified proprietors, were destroyed from roof to cellar—and not only was I able to save the Château but also the precious collections which my dear father so much loved." In a word, Gilberte was now persuaded that she had not gone to Tansonville, as she wrote me in 1914, to fly from the Germans and to be in safety, but, on the contrary, in order to meet them and to defend her Château from them. As a matter of fact, they (the Germans) had not remained at Tansonville, but she did not cease to have at her house a constant coming and going of officers which much exceeded that which reduced Françoise to tears in the streets of Combray and to live, as she said this time with complete truth, the life of the front. Also she was referred to eulogistically in the papers because of her admirable conduct and there was a proposal to give her a decoration. The end of her letter was perfectly accurate: "You have no idea of what this war is, my dear friend, the importance of a road, a bridge or a height. How many times, during these days in this ravaged countryside, have I thought of you, of our walks you made so delightful, while tremendous fights were going on for the capture of a hillock you loved and where so often we had been together. Probably you, like myself, are unable to imagine that obscure Roussainville and tiresome Méséglise, whence our letters were brought and where one went to fetch the doctor when you were ill, are now celebrated places. Well, my dear friend, they have for ever entered into glory in the same way as Austerlitz or Valmy. The Battle of Méséglise lasted more than eight months, the Germans lost more than one hundred thousand men there, they destroyed Méséglise but they have not taken it. The little road you so loved, the one we called the stiff hawthorn climb, where you professed to be in love with me when you were a child, when all the time I was in love with you, I cannot tell you how important that position is. The great wheatfield in which it ended is the famous 'slope 307' the name you have so often seen recorded in the communiqués. The French blew up the little bridge over the Vivonne which, you remember, did not bring back your childhood to you as much as you would have liked. The Germans threw others across; during a year and a half, they held one half of Combray and the French the other."  

Marcel Proust, Le temps retrouvé
http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Proust_A_la_recherche_du_temps_perdu_14.pdf

Marcel Proust, Time Regained, Translated from the French by Stephen Hudson
http://gutenberg.net.au/ebooks03/0300691.txt

Time Regained

2014-06-07

End Game

Dorothea Tanning, End Game, 1944

2014-06-05



2014-06-02