2014-04-29

Chet Faker



2014-04-28

Derek


Terry O'Neill, Derek Jarman, 1980s http://www.npg.org.uk/collections/search/portraitLarge/mw69559/Derek-Jarman

2014-04-23

Zachary

États-Unis: condamnée à perpétuité pour le meurtre de son fils de quatre ans qu'elle croyait gay
Publié par Maëlle Le Corre
Un fait divers tragique sur fond d'homophobie, qui a profondément choqué l'Amérique.

Jessica Dutro, 25 ans, a été condamnée à la prison à perpétuité le 18 avril aux États-Unis pour le meurtre de son fils Zachary Dutro-Boggess. Sa condamnation a été assortie d'une peine de sûreté de 25 ans.
ELLE CRAIGNAIT QUE SON FILS SOIT GAY
En août 2012, l'affaire avait profondément bouleversé et choqué la société américaine: l'enfant âgé de tout juste quatre ans était décédé dans un hôpital de Portland dans l'Oregon, deux jours après y avoir été amené inconscient. Les médecins avaient diagnostiqué un traumatisme à l'abdomen dû à un choc violent, causant une perforation des intestins. La mère de l'enfant et son petit-ami, Brian Canady, avaient rapidement été suspectés d'être responsables des coups sur l'enfant. L'enquête avait alors révélé qu'une telle violence avait aussi pour cause l'homophobie. Lors d'un échange Facebook découvert par la police, Jessica Dutro avait fait part auprès de son petit ami de son dégoût pour l'attitude de son enfant, craignant qu'il soit gay: "Il marche et parle comme ça. Berk." Elle lui avait alors demandé d'y remédier.
Brian Canady a écopé d'une peine de douze et demi de prison pour avoir lui aussi asséné des coups à l'enfant. Il a plaidé coupable et a témoigné contre Jessica Dutro. L'enquête a par ailleurs montré que les deux autres frère et sœur de Zachary avaient aussi subi des violences physiques. Sa sœur de sept ans a été entendue comme témoin, ayant été présente le jour où les coups mortels ont été portés contre Zachary. "Des parents sont censés protéger leurs enfants. Et vous étiez ce qu'il y a de plus dangereux dans leurs vies", a déclaré le juge Don Letourneau durant le procès.

http://yagg.com/2014/04/20/etats-unis-condamnee-a-perpetuite-pour-le-meurtre-de-son-fils-de-quatre-ans-quelle-croyait-gay/

Felicity


"...un problème de salubrité publique..."
"...protéger nos enfants..." 
"...Il nous faudra des autorisations, car ce sont des espaces classés..." 
"...C’est l’intervention des chèvres brouteuses pour le débroussaillage du site l’an dernier qui a permis de faire apparaître le problème..."


Francisco de Goya, El Aquelarre, 1797-1798

2014-04-22















2014-04-18

2014-04-15



Yves Tanguy

 
Yves Tanguy, George Platt Lynes, ca 1940

2014-04-14

La mer est basse et je vous aime
La mer est haute et je vous aime
La mer est basse et je vous aime
La mer est haute et je vous aime

Le Pays d'Yves


Changer la vie


« CHANGER LA VIE » OU LE PLUS DIFFICILE À IMAGINER
par Annie Le Brun
18 AOÛT 2012 
par PAUL JORION
Billet invité

A prendre connaissance du dernier « Temps qu'il fait » et de l'état des lieux qu'il révèle, comment ne pas être saisi autant par la gravité de la situation que par l'ampleur du pari fait sur ce qui n'a peut-être pas commencé mais qui serait pourtant en train de s'inventer ici, là, maintenant, ailleurs, en dehors des chemins balisés, que ce soit dans la solitude d'une adolescence ou à travers la solidarité informelle et néanmoins de plus en plus réelle de ceux qui refusent ce monde ?
De cette certitude que tout se tient, dépend, en effet, l'acuité du regard mais aussi la détermination à ne pas accepter l'inacceptable. Et ne le verrait-on pas à cause de la complexité de nos sociétés à laquelle il est justement fait allusion, oui, il y a un rapport entre l'affaire de l'extradition de Julian Assange et la fusillade de New York. Comme ce n'est pas sans lien avec le rapport qu'il y a entre le massacre des mineurs d'Afrique du Sud et les questions de régulateurs qui inquiètent aujourd'hui la banque Standard Chartered. Mais comme il y a aussi un rapport de tout cela avec la révolte et la condamnation des Pussy Riot aujourd'hui en Russie. Où qu'on se tourne, voilà que l'inacceptable commence à être perçu comme tel mais pas par les mêmes et pas de la même façon.
Ainsi, que ces trois filles, belles de leur insolence, aient eu le courage de s'en prendre, en toute connaissance de cause, au pouvoir et à l'église russes réunies aura été un feu de joie dans la grisaille de cet hiver 2012. Il faut voir la vidéo de leur intervention du 21 février dernier dans la cathédrale moscovite du Christ-Sauveur « haut lieu du renouveau orthodoxe en Russie », où, après leur prière à la vierge Marie pour « chasser Poutine », l'honneur du mâle en question se trouve d'abord défendu, avant l'arrivée de la police, par des sortes de sœurs converses, complétement affolées devant quatre jeunes diables déchaînés, en cagoules et collants bariolés. Et il me paraît très significatif que, contrairement à un certain nombre de jeunes gens et vraisemblablement au nom d'un sérieux politique décontenancé par un mélange d'humour et de radicalité, on n'aura pas mesuré l'enjeu de cette affaire, à savoir, comme le souligne un de leurs amis, l'artiste Oleg Koulik, que ces filles se retrouvent en prison, « parce que le pouvoir ne peut pas admettre qu'on critique l'Église, la seule institution qui, dans le cas d'une révolution, se lèvera pour sa défense ».
Pareillement, il ne me paraît pas indifférent que ces jeunes féministes, comme j'avais rêvé qu'on le fût il y a trente cinq ans, ont été condamnées à deux ans de camp par une juge. Comme il n'est pas indifférent qu'au même moment elles étaient soutenues par une splendide fille qui, torse nu et en signe de solidarité, aura abattu une croix à la tronçonneuse en quelques minutes. Comme il est encore moins indifférent qu'elles aient purement et simplement rigolé, à la lecture des attendus de leur condamnation.
En fait, féministes, écologistes, militantes de la cause homosexuelle, liées à des collectifs d'artistes contestataires ...., si Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina sont coupables, c'est d'être RÉVOLTÉES, moins en tant qu'artistes qu'à vouloir, semble-t-il, « changer la vie », vraiment. Et c'est peut-être cela qui est ici difficile à imaginer, quand la plupart de nos artistes, champions de la subversion subventionnée se livrent à tous les détournements et recyclages possibles, pour en fin de compte chacun trouver sa place dans l'entreprise de neutralisation en cours. À l'inverse, on ne peut qu'être impressionné par la façon dont ces Pussy riot se seront réappropriées l'insurrection Punk, pour lui redonner la charge de révolte dont le marché du disque des années soixante-dix avait su immédiatement la dépouiller.
Et c'est sans doute pourquoi, après les avoir accusées d'« hooliganisme », on les aura finalement convaincues de « vandalisme » et d'« incitation à la haine religieuse », pour dépolitiser un propos qui ne se laisse pas réduire à telle ou telle idéologie. Dans ces cas-là, l'aberration des chefs d'accusation est toujours proportionnelle à l'inquiétude suscitée : il n'y a pas loin de « l'hooliganisme » au « cosmopolitisme » et le flou de la formulation cache toujours une partie de la « bête immonde. » De toute façon, la résonance internationale du procès est un signe. Quelque chose de cette révolte demande à être entendu.
Peu importe que telle ou telle vedette médiatique se retrouve à soutenir ces jeunes femmes. Pour ma part, je ne peux que m'en réjouir, au moment où le processus de domestication généralisée s'accélère, à voir les grands moyens adoptés pour réinjecter, par exemple à l'occasion des Jeux Olympiques, les valeurs d'asservissement que sont la famille, la patrie et la religion, celles-ci bien sûr présentées sous de nouveaux emballages.
Ce sont là autant de signes contradictoires que non seulement les structures de ce monde sont en train de lâcher mais aussi que peu à peu les choses finissent par apparaître à leur scandaleuse lumière, pour provoquer, comme en pointillé, ici, là, le refus de continuer à participer de ce jeu-là.
J'ai dit ailleurs que si la servitude est contagieuse, la liberté l'est aussi. Nous en sommes à ce point d'équilibre instable, où tout peut basculer d'un côté ou de l'autre. D'où l'importance de repérer tous les signes et nous ne serons jamais trop pour tenter de discerner ce qui advient. C'est pourquoi il me déplairait qu'on fasse fi de l'insaisissable jeunesse de cette révolte venant de l'Est. Pensez aux Provos, pensez aux Hippies, aux « aventuristes » de 68... il y aura toujours l'insolente beauté de ce qui commence. Aussi, quand bien même « en matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d'ancêtres », il se pourrait que tout débute avec le « retour du refoulé », mais ailleurs et autrement. Comme si chaque insurrection était riche de tous les rêves précédents encore à venir, c'est-à-dire comme si, à chaque fois, il s'agissait de jouer le Grand Jeu.
Il faut peut-être le savoir pour commencer à voir.

2014-04-13

Clergy





Clergy






Our God is woman, 
our mission is protest, 
our weapons are bare breasts!


Jusqu'à quand des hommes sans corps auxquels manque la tête ?


Jusqu'à quand des hommes sans corps auxquels manque la tête ?
par Annie Le Brun
6 JUILLET 2013 par PAUL JORION
Billet invité

Le témoignage de Condamin-Gerbier devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la fraude fiscale a quelque chose de sidérant. Rarement exposé aura été plus concis. Rarement réponses aux questions posées auront été plus éclairantes. Rarement révélation aura été plus explosive. Pourtant rien n'explose ni n'implose mais tout se tétanise. Non seulement parce que ce qui est décrit comme la quintessence de la fraude fiscale se révèle être le principe même d'un système financier déterminant désormais toute réalité. Mais aussi parce que, du même coup, il paraît impossible d'avoir prise sur cette réalité dont la force déroutante est d'occulter tout lien de cause à effet.
La sidération vient de là. Dans ce nouveau monde des effets sans cause, c'est la vie même qui devient obsolète. Inutile de s'agiter, la technique aura toujours plusieurs longueurs d'avance, de sorte qu'il n'est pas de dévoilement qui ne serve à renforcer le revoilement. Il ne s'agit que de circuler, quand il n'y a plus rien à voir, sinon le vertige d'hommes sans corps destinés à tournoyer dans la cage de la technique.

À l'opposé, des corps de jeunes femmes, des corps en liberté, sur lesquels depuis plusieurs années sera venu s'inscrire tout ce qui ne se dit pas ailleurs : qu'il s'agisse de la marchandisation du désir et de ses transformations suivant celles de la finance - du parallélisme entre virtualisation érotique et virtualisation économique à celui entre tourisme sexuel et voyages des capitaux vers les paradis fiscaux ; qu'il s'agisse aussi de la collusion du football et du sexisme dans le blanchiment d'argent ; qu'il s'agisse encore du recyclage de toutes les religions comme transcendance au rabais pour justifier les sempiternelles redondances de la servitude volontaire... Je parle bien sûr des Femen dont la révolte vient de si loin qu'elle dépasse amplement le point de vue néoféministe, consternant d'étroitesse et de moralisme, qui fut celui des années soixante-dix. Or, c'est justement l'ampleur de cette révolte que médias et intellectuels confortés par la bien-pensance féministe se gardent de prendre en considération, en ce qu'elle touche les points névralgiques de nos sociétés, là où les différentes sortes de nuisance se renforcent l'une l'autre. Tout au plus y reconnaît-on la nouveauté d'un féminisme qui « enlève le haut », sans qu'on se soucie du sens de cette dénudation comme de ce qui est écrit à la place du haut. Car, les Femen n'en seraient-elles pas vraiment conscientes, ce que les uns et les autres s'empressent de censurer, c'est autant leur propos que leur façon de dénier violemment les corps sans idées que nos sociétés travaillent à formater, jusqu'à en rendre indispensables les différentes gadgetisations sportives, hygiénistes ou érotiques...
En fait, la sidération devant les idées sans corps qui nous gouvernent ne peut être dépassée que par un langage du corps en quête de ses pouvoirs perdus. Et c'est bien pourquoi les Femen dérangent. L'aurait-on oublié, c'est toujours dans un ancrage physique que le retour du refoulé prend valeur révolutionnaire.
Remarquable est à cet égard ce qui a débuté en Turquie comme au Brésil, qu'il s'agisse d'occuper un jardin contre la construction d'un parking au cœur d'Istanbul ou d'enterrer à moitié des centaines de ballons de football dans le sable de Copacabana pour dénoncer le dépeçage financier que pratiquent les « vautours du sport » au détriment des transports ou de la santé publics. Aurait-on pu imaginer que ces deux mouvements commencent par s'en prendre, avec la soudaineté de l'embrasement, aux deux principaux tabous de nos sociétés, la voiture et le sport ? Et quand bien même ces deux tabous continuent de déterminer grandement notre rapport au monde et à l'autre.
Voilà que, devant le carambolage d'effets de plus en plus catastrophiques, les causes réapparaissent dans toute leur inconvenance physique. C'est très bien mais ce n'est qu'un début. Il faut compter avec le durcissement du système, où la profération du discours va de plus en plus servir à dénier ce qui est affirmé, comme en témoignent les professions de foi scandalisées des états européens après les révélations d'Edward Snowden, quand il n'en est aucun pour lui accorder l'asile, c'est-à-dire le protéger physiquement. Et a fortiori quand ces états pratiquent vraisemblablement, serait-ce à beaucoup moins grande échelle, ce qu'ils reprochent tant aux Etats-Unis.
Mais tout serait trop simple si c'était seulement dans les sphères du pouvoir que se rencontraient tant d'hommes sans corps auxquels manque la tête. Il suffit de considérer l'histoire intellectuelle du siècle dernier. Raison de plus d'y réfléchir, même si parfois, comme je l'ai dit ailleurs, l'inconscience de classe fait bien les choses.

2014-04-09

Стоунволлское Восстание


Стоунволлское Восстание (Стоунволлские бунты)
Stonewall Uprising (2010)

Mutinerie


Agression à la Mutinerie: la justice condamne la victime pour s'être défendue
Publié par Maëlle Le Corre
18 personnes ont été interpellées après avoir manifesté contre le verdict dans la salle d'audience.

Victime de propos et de violences sexistes et lesbophobes, alors qu'elle travaillait au bar parisien queer et féministe La Mutinerie, D. a riposté aux coups de son agresseur, qui a par la suite porté plainte contre elle. Lors de l'audience qui a eu lieu hier, mardi 8 avril, au tribunal de grande instance de Paris, elle a été condamnée à une peine de sursis et à verser des dommages et intérêts. Par la suite, 18 personnes ont été arrêtées et emmenées au commissariat des Halles pour avoir manifesté leur soutien à D. dans la salle d'audience.
UNE AGRESSION SEXISTE ET LESBOPHOBE
Les faits ont eu lieu dans la nuit du 15 au 16 novembre dernier. 
"Je passais un coup de balai après la fermeture devant la Mutinerie, où je donne régulièrement un coup de main, raconte D. Un petit groupe de personnes était resté et ne voulait pas partir, prétextant que c'était public. Un des hommes m'a dit pendant que je balayais "t'auras qu'à te pencher, tu y verras mieux, et tu me suceras au passage". Il était clairement alcoolisé", précise-t-elle. D. demande une nouvelle fois au groupe de quitter les lieux.
"L'homme a continué: "La petite pute, elle va faire peur à qui? Vous les gouines, vous aimez faire les bonhommes."
"Une personne de la Mutinerie et une cliente sont alors arrivées pour m'aider. C'est là qu'il m'a fait un coup de pied chassé au genou gauche. J'ai répliqué par un coup de tête et un coup de poing, avant de rentrer dans le bar où je me suis enfermée. Dehors il a continué à taper contre la porte. Ses ami.e.s ont négocié pour qu'on sorte, pour s'expliquer, mais on est restées à l'intérieur."
D. décide de ne pas porter plainte: "Je n'avais pas son identité, et sans ça, je savais que ça n'aboutirait jamais." Mais deux jours plus tard, un officier de police se présente à la Mutinerie. "Il avait une photo de moi, prise sur mon profil Facebook. L'homme avait porté plainte contre moi. Il avait le nez et la pommette cassés et a eu 21 jours d'ITT. J'ai alors à mon tour porté plainte, puisque je connaissais désormais l'identité de mon agresseur. J'ai eu 4 jours d'ITT. Le procureur a donc estimé que c'était moi l'agresseur. Ma plainte n'a pas été traitée."
PAS DE RECONNAISSANCE DE LA LÉGITIME DÉFENSE
La légitime défense n'ayant pas été reconnue, D. est reconnue coupable d'agression volontaire. Elle écope de cinq mois avec sursis et de 800 euros de provisions pour dommages et intérêts à son agresseur. Suite à l'expertise médicale qui déterminera le montant total des dommages et intérêts, D. devra s'acquitter d'une somme qui pourrait atteindre les 10 000 euros, selon son avocat. "Je suis choquée et déçue. Je ne m'attendais pas à un miracle mais je trouve cette décision injuste. Si aujourd'hui on ne reconnaît pas la légitime défense, le message envoyé aux agresseurs, "c'est continuez, continuez à agresser, à insulter, et si elles se défendent, on les condamnera"".
Dans l'article 122-5 du Code pénal, il est établi que "n'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte". D. conteste cette notion de proportionnalité. Elle rappelle par ailleurs que le plaignant n'était même pas présent lors de l'audience, mais aussi un autre détail que la justice n'a pas retenu: "Le fait qu'il n'était pas sobre lors de l'agression n'a même pas été pris en compte. Lors de sa première plainte, deux jours après les faits, il a nié avoir bu. C'est lors de notre confrontation au commissariat qu'il a admis avoir consommé deux mojitos." La peine de sursis aura un effet de cinq ans: "Si demain je me fais agresser, je ne peux rien faire. Je n'ai plus de droits, plus de dignité." Elle compte faire appel de la décision de justice.
"LA JUSTICE PROTÈGE LES AGRESSEURS"
"Après le verdict, les personnes venues me soutenir ont protesté dans la salle d'audience, poursuit D. Elles ont été évacuées avec force et violence. Après ça, nous nous sommes dirigées vers une sortie dans le calme, mais les forces de l'ordre nous attendaient. Nous avons été encerclées et retenues deux heures sur place. Ils ont tenu à vérifier nos identités après des accusations d'outrage à agent et dégradations de matériel. Des bancs ont été cassés lors de l'évacuation par la police. Nous avons été emmenées au commissariat des Halles."
Après visionnage des images de l'audience, les 18 personnes venues soutenir D. pourraient recevoir prochainement une convocation. Elles ont réagi à la condamnation de D. dans un communiqué: "Dans un contexte de recrudescence des violences contre les femmes, les trans' et les gouines (agressions physiques suite à des démonstrations d'affection, insultes, attouchements dans les transports, remarques graveleuses... à la fois dans des espaces privés et publics), une fois de plus, la justice protège les agresseurs et condamne les femmes qui se défendent ou dénoncent l'impunité et la justice patriarcale.
"Quel signe nous est ainsi envoyé lorsque nous décidons de nous défendre face aux agressions verbales, physiques, menaces de viol, perpétrées par des hommes cisgenres? La logique de la "réponse proportionnée" devrait donc nous amener à nous contenter de dire "non merci bisous" face aux menaces symboliques et physiques que nous subissons? La victime de l'agression, pour s'être défendue sans ambiguïté et sans s'excuser, a déjà dû payer 2400 euros de frais d'avocat, a écopé de 5 mois avec sursis et risque de devoir débourser une somme considérable à cause d'une société pro-viol secondée de sa police patriarcale, qui ne reconnait pas aux femmes, aux gouines, aux trans', la légitimité de se défendre contre les agressions sexistes constantes dans l'espace public comme dans la sphère privée."
Une manifestation est en cours de préparation.

SOS Fantômes

Mardi 8 avril 2014
SOS Fantômes
Gwen Fauchois

Des homosexuels se font salement démonter la gueule parce qu'ils sont homosexuels, des badauds et riverains regardent, un conducteur de bus ferme les portes de son véhicule et repart sans intervenir[1], mais il ne faudrait pas voir là d'homophobie.

Un responsable politique (l'ancien député du Nord, Christian Vanneste) peut récuser aux homosexuels toute légitimité politique au prétexte que, selon lui, leur vie différente les disqualifierait[2] mais le tribunal correctionnel de Paris n'y voit pas d'homophobie[3]. Seulement une succession de poncifs et d'idées reçues dont il ne faudrait pas s'alarmer puisque que leur auteur avait lui-même ponctué ses propos de rires satisfaits.
Les principaux responsables religieux, politiques et syndicaux[4] de ce pays s'associent pour dénoncer un climat de haine et lancent un appel au vivre ensemble[5] en oubliant soigneusement de mentionner l'orientation sexuelle parmi les différences à admettre, comprendre et respecter.
Faut-il s'en étonner quand parmi eux certains ont contribué à entretenir le climat malsain qu'ils entendent aujourd'hui dénoncer ? Mais là encore, il n'y aurait pas d'homophobie dans cet oubli, certainement malencontreux.

Le nouveau Premier ministre, à peine nommé, dans son discours de politique générale[6], plaidant l'apaisement à son tour, appelle aussitôt après à éviter les surenchères qui profitent aux extrêmes, au nom du consensus. Un consensus qui justifie d'accepter les inégalités de traitement entre hétérosexuels et homosexuels. Mais il n'y aurait rien d'homophobe là-dedans !

Je ne sais pourquoi, c'est une image en fait assez comique qui me vient à l'esprit. Quelque chose du dessin animé. Les homosexuels transformés en Caspers qui n'impriment plus la pellicule, essayant d'interpeller l'opinion publique, et les différents représentants de celle-ci persistant à ignorer leurs appels en toute bonne conscience dans le meilleur des cas.

Hé, ho, il n'y aurait pas comme un problème ? Quelqu'un nous voit, nous entends ? Aurait une toute petite idée de ce que nous vivons ?

Nos opposants voulaient nous faire disparaître, il semble qu'ils sont en bonne voie d'y parvenir, nous voici à l'évidence transparents, inaudibles, invisibles.

Homophobie dîtes-vous ? Quelle homophobie ? Rien que des Français inquiets qu'il faut rassurer, unir, apaiser.

[1] http://yagg.com/2014/03/21/homophobie-un-couple-dhommes-agresse-a-paris-2/
[2] "Il y en a de plus en plus à droite, d'ailleurs je remarque qu'ils se font la courte échelle. C'est bien mais je ne pense pas que c'est en ayant une vie différente de celle de la plupart des gens que l'on peut les diriger..." libertepolitique.com 10 février 2012
[3] 3 avril 2014
[4] Mgr André Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris, Dalil Boubakeur, président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, Michel Gugenheim, Grand Rabbin de France par intérim, Marie-Stella Boussemart, présidente de l'Union Bouddhiste de France, Harlem Désir, premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-François Copé, président de l'UMP, Rama Yade, vice-Présidente de l'UDI, François Bayrou président du MODEM, Jean-Vincent Placé président du Groupe Écologiste au Sénat, Laurent Berger, secrétaire Général de la CFDT et Philippe Louis, président confédéral de la CFTC.
[5] http://www.rtl.fr/actualites/info/article/religieux-gauche-et-droite-lancent-un-appel-au-vivre-ensemble-7770975461
[6] http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5281.seance-unique--declaration-de-politique-generale-du-gouvernement-8-avril-2014

2014-04-08

Him



Maurizio Cattelan, Him, 2001

2014-04-07

Choose the form of your destruction


Choose the form of your destruction
Choisissez la forme de votre destruction



"Choose the form of your destruction"
Gozer (Slavitza Jovan, Ghostbusters)

2014-04-04

4 avril 2014


4 avril 2014


"La plaque dont la photo est jointe, a été enlevée. 
Faut-il ajouter que ce n'est pas la première fois?" 
10/06/2013 
On est entré... 
http://blog.maldoror.org/2013/10/on-est-entre.html 
Maldoror : Le site 
Tout sur Isidore Ducasse et Lautréamont. 
 Textes, Documents, Actualités, Bibliographie

Les prières de rue continuent


Christsin


Christine Boutin, President of Honor of French traditionalist christian party and former minister, talked to the political magazine Charles about sexuality, seduction and politics.

The result is a surprising attempt to counter stereotypes on conservatism and sexuality.

Christine Boutin, former Minister of Housing during Nicolas Sarkozy’s mandate, has been an iconic figure of the struggle against same-sex marriage in France. In a long interview with Charles, a political magazine, she talks about her own relation to sexuality, homosexuality and politics.

The Christian leader evoked her faith in God, and the importance it has in her life. However, she tried to break away from the traditional image of religion and sexuality.

“People think I am a woman of another age, but I am like everyone else,” she said, “I love life. Sexuality is part of human nature, and I have never said: put your chastity belt on! On the contrary!”

She also responded to numerous and repeated attacks regarding her marriage with her first cousin Louis Boutin “I don’t see the problem with marrying one’s first cousin. The Republic and my religion don’t forbid it. It has been a while since I don’t consider him as my cousin anymore.”

Indeed, even if it can sound surprising, Christine Boutin is right. However, as some observers have noticed, some of her remarks are on the limit of legality.

She was asked about homosexuality, and claimed “I have never condemned a homosexual person. I think homosexuality is an abomination. But not the person. The sin is never acceptable, but the sinner is always forgiven.” And she added, “I have homosexual friends myself. They are sinners indeed. […] But I will never encourage sins.”


2014-04-03

Boutin Grosse fatigue

Boutinisme (n.m.)

Sens 1. Maladie gouvernementale grave (mais rare) liée à l’ingestion d’une toxine produite par la bactérie Christidium Boutininum et provoquant des bouffées d’homophobie. La toxine boutinique se développe dans les vieux pots mal scellés reconnaissables à leurs étiquettes passésistes et leurs contenus rétrogrades. 
Syn. Vannestisme diarrhéique. Ex: “Le boutinisme fait des ravages au Vatican”. 

Sens 2. Grosse fatigue Cf. http://youtu.be/czbOyW0mXsA

2014-04-02