2013-02-28

What do you want the nature to say ?


What do you want the nature to say ?
Que voulez-vous faire dire à la nature ?




Si la Nature ne désire pas que des êtres faibles procréent avec des êtres plus puissants, ce qu'elle veut encore moins c'est qu'une race supérieure se mêle à une race inférieure, car si ceci se produisait tous ses efforts, à travers des centaines de millions d'années, visant à établir une classe supérieure d'être humain évolutionnaire, pourraient s'aviser futiles.

If Nature does not wish that weaker individuals should mate with the stronger, she wishes even less that a superior race should intermingle with an inferior one; because in such a case all her efforts, throughout hundreds of thousands of years, to establish an evolutionary higher stage of being, may thus be rendered futile.


Adolf Hitler, Mein Kampf, Volume I, Chapter XI

2013-02-25

 

Frieke Janssens http://frieke.com/#%21/

UY


Uriel Yekutiel by Ronen Akerman

Memories








2013-02-24


La Toilette



Mary Cassatt, La Toilette / Woman Bathing, ca 1891
Pointe sèche, eau-forte, aquatinte, encrage couleur à la poupée

2013-02-23

Le Matin


LE MATIN
Du bord de l'obscurité une voix criait "Aufstehen". De l'obscurité une voix en écho criait "Stavache", et il y avait un remuement noir d'où chacune tirait ses membres. Nous n'avions qu'à trouver nos chaussures pour sauter en bas. Sur celles qui ne surgissaient pas assez vite des couvertures, la lanière sifflait et cinglait. La lanière, à la main de la stubhova debout dans l'allée, volait jusqu'au troisième étage, volait jusqu'au milieu des carrés, fouettait les visages, les jambes endolories de sommeil. Quand tout remuait et bougeait, quand les couvertures partout se secouaient et se pliaient, on entendait un bruit de métal qui s'entrechoque, la vapeur brouillait le clignotement de la bougie au centre de l'obscurité, on découvrait les bidons pour servir le thé. Et celles qui venaient d'entrer s'appuyaient au mur, la respiration accélérée, aidant leur coeur de la main sur la poitrine. Elles revenaient des cuisines qui étaient loin, loin quand on porte un bidon énorme dont les poignées tranchent les paumes. Loin dans la neige, dans le verglas ou dans la boue où on avance de trois pas, reculant de deux, avançant et reculant, tombant et se relevant et retombant sous la charge trop lourde à des bras sans force. Lorsqu'elles ont repris haleine, elles disent : "II fait froid ce matin, plus froid que cette nuit." Elles disent "ce matin". Il est pleine nuit, passé trois heures à peine.
Le thé fume en odeur écoeurante. Les stubhovas le servent chichement à nos soifs de fièvre. Elles en gardent la plus grande part pour leur toilette. C'est la meilleure utilisation qu'on en puisse faire, certes, et le désir nous vient de nous laver nous aussi dans une bonne eau chaude. Nous ne nous sommes pas lavées depuis notre arrivée, pas même les mains à l'eau froide. Nous prenons le thé dans nos gamelles qui sentent la soupe de la veille. Il n'y a pas d'eau pour les gamelles non plus. Prendre son thé, c'est l'emporter de haute lutte, dans une mêlée de coups de bâton, de coups de coude, de coups de poing, de hurlements. Dévorées par la soif et la fièvre, nous tourbillonnons dans la mêlée. Nous buvons debout, bousculées par celles qui craignent de n'être pas servies et par celles qui veulent sortir, parce qu'elles doivent sortir tout de suite, dès qu'elles sont debout il faut qu'elles sortent tout de suite. Le sifflet siffle le dernier coup. Alles raus.
La porte est ouverte aux étoiles. Chaque matin il n'a jamais fait aussi froid. Chaque matin on a l'impression que si on l'a supporté jusqu'ici, maintenant c'est trop, on ne peut plus. Au seuil des étoiles on hésite, on voudrait reculer. Alors les bâtons, les lanières et les hurlements se déchaînent. Les premières près de la porte sont projetées dans le froid. Du fond du block, sous les bâtons, une poussée projette tout le monde dans le froid.
Dehors, c'est la terre à découvert, des tas de pierres, des tas de terre, autant d'obstacles à contourner, des fossés à éviter, avec le verglas, la boue ou la neige et les excréments de la nuit. Dehors, le froid saisit, saisit jusqu'aux os. Nous sommes transpercées de froid. En lames glacées. Dehors, la nuit est claire de froid. Les ombres de lune sont bleues sur le verglas ou sur la neige.
C'est l'appel. Tous les blocks rendent leurs ombres. Avec des mouvements gourds de froid et de fatigue une foule titube vers la Lagerstrasse . La foule s'ordonne par rangs de cinq dans une confusion de cris et de coups. Il faut longtemps pour que se rangent toutes ces ombres qui perdent pied dans le verglas, dans la boue ou dans la neige, toutes ces ombres qui se cherchent et se rapprochent pour être au vent glacé de moindre prise possible.
Puis le silence s'établit.
Le cou dans les épaules, le thorax rentré, chacune met ses mains sous les bras de celle qui est devant elle. Au premier rang, elles ne peuvent le faire, on les relaie. Dos contre poitrine, nous nous tenons serrées, et tout en établissant ainsi pour toutes une même circulation, un même réseau sanguin, nous sommes toutes glacées. Anéanties par le froid. Les pieds, qui restent extrémités lointaines et séparées, cessent d'exister. Les godasses étaient encore mouillées de la neige ou de la boue d'hier, de tous les hiers. Elles ne sèchent jamais.
Il faudra rester des heures immobiles dans le froid et dans le vent. Nous ne parlons pas. Les paroles glacent sur nos lèvres. Le froid frappe de stupeur tout un peuple de femmes qui restent debout immobiles. Dans la nuit. Dans le froid. Dans le vent.
Nous restons debout immobiles et l'admirable est que nous restions debout. Pourquoi ? Personne ne pense "à quoi bon" ou bien ne le dit pas. A la limite de nos forces, nous restons debout.
Je suis debout au milieu de mes camarades et je pense que si un jour je reviens et si je veux expliquer cet inexplicable, je dirai : "Je me disais : il faut que tu tiennes, il faut que tu tiennes debout pendant tout l’appel. Il faut que tu tiennes aujourd’hui encore. C’est parce que tu auras tenu aujourd’hui encore que tu reviendras si un jour tu reviens". Et ce sera faux. Je ne me disais rien. Je ne pensais rien. La volonté de résister était sans doute dans un ressort beaucoup plus enfoui et secret qui s'est brisé depuis, je ne saurais jamais. Et si les mortes avaient exigé de celles qui reviendraient qu’elles rendissent des comptes, elles en seraient incapables. Je ne pensais rien. Je ne regardais rien. Je ne ressentais rien. J’étais un squelette de froid avec le froid qui souffle dans tous ces gouffres que font les côtes à un squelette.
Je suis debout au milieu de mes camarades. Je ne regarde pas les étoiles. Elles sont coupantes de froid. Je ne regarde pas les barbelés éclairés blanc dans la nuit. Ce sont des griffes de froid. Je ne regarde rien. Je vois ma mère avec ce masque de volonté durcie qu'est devenu son visage. Ma mère. Loin. Je ne regarde rien. Je ne pense rien.
Chaque bouffée aspirée est si froide qu’elle met à vif tout le circuit respiratoire. Le froid nous dévêt. La peau cesse d'être cette enveloppe protectrice, bien fermée qu'elle est au corps, même au chaud du ventre. Les poumons claquent dans le vent de glace. Du linge sur une corde. Le coeur est rétréci de froid, contracté, contracté à faire mal et soudain je sens quelque chose qui casse, là, à mon coeur. Mon coeur se décroche de sa poitrine et de tout ce qui l’entoure et le cale en place. Je sens une pierre qui tombe à l’intérieur de moi, tombe d’un coup. C’est mon coeur. Et un merveilleux bien être l’envahit. Comme on est bien, débarrassé de ce coeur fragile et exigeant. On se détend dans une légèreté qui doit être celle du bonheur. Tout fond en moi, tout prend la fluidité du bonheur. Je m’abandonne et c’est doux de s’abandonner à la mort, plus doux qu’à l’amour et de savoir que c’est fini, fini de souffrir et de lutter, fini de demander l’impossible à ce coeur qui n’en pleut plus. Le vertige dure moins qu’un éclair, assez pour toucher un bonheur qu’on ne savait pas exister.
Et quand je reviens à moi, c’est au choc des gifles que m’applique Viva sur les joues, de toute sa force, en serrant la bouche, en détournant les yeux. Viva est forte. Elle ne s’évanouit pas à l’appel. Moi, tous les matins. Viva ne devra jamais le savoir.
Elle dit et dit encore mon nom qui m’arrive lointain du fond du vide – c’est la voix de ma mère que j’entends. La voix se fait dure: "Du cran. Debout." Et je sens que je tiens après Viva autant que l’enfant après sa mère. Je suis suspendue à elle qui m’a retenue de tomber dans la neige d’où on ne se relève pas. Et il me faut lutter pour choisir entre cette conscience qui est souffrance et cet abandon qui était bonheur, et je choisis parce que Viva me dit: "Du cran. Debout." Je ne discute pas son ordre, pourtant j’ai envie de céder une fois, une fois puisque ce sera la seule. C’est si facile de mourir ici. Seulement laisser aller son coeur.
Je reprends possession de moi, je reprends possession de mon corps comme d'un vêtement qu'on endosse froid de mouillé, de mon pouls qui revient et qui bat, de mes lèvres brûlées de froid avec les commissures qui s'arrachent. Je reprends possession de l'angoisse qui m'habite et de mon espoir que je violente.
Viva a quitté sa voix dure et demande : "Tu es mieux ?" et sa voix est si réconfortante de tendresse que je réponds : "Oui, Viva. Je suis mieux." Ce sont mes lèvres qui répondent en se déchirant un peu davantage aux gerçures de fièvre et de froid.
Je suis au milieu de mes camarades. Je reprends place dans la pauvre commune chaleur que crée notre contact et, puisqu'il faut revenir à soi tout à fait, je reviens à l'appel et je pense : C'est l'appel du matin — quel titre poétique ce serait —, c'est l'appel du matin. Je ne savais plus si c'était le matin ou le soir.
C'est l'appel du matin. Le ciel se colore lentement à l'est. Une gerbe de flammes s'y répand, des flammes glacées, et l'ombre qui noie nos ombres se dissout peu à peu et de ces ombres se modèlent les visages. Tous ces visages sont violacés et livides, s'accentuent en violacé et en livide à proportion de la clarté qui gagne le ciel et on distingue maintenant ceux que la mort a touchés cette nuit, qu'elle enlèvera ce soir. Car la mort se peint sur le visage, s'y plaque implacablement et il n'est pas besoin que nos regards se rencontrent pour que nous comprenions toutes en regardant Suzanne Rose qu'elle va mourir, en regardant Mounette qu'elle va mourir. La mort est marquée à la peau collée aux pommettes, à la peau collée aux orbites, à la peau collée aux maxillaires. Et nous savons qu'il ne servirait de rien à présent d'évoquer leur maison ou leur fils ou leur mère. Il est trop tard. Nous ne pouvons plus rien pour elles.
L'ombre se dissout un peu plus. Les aboiements des chiens se rapprochent. Ce sont les SS qui arrivent. Les blockhovas crient "Silence !" dans leurs langues impossibles. Le froid mord aux mains qui sortent de sous les bras. Quinze mille femmes se mettent au garde-à-vous.
Les SS passent - grandes dans la pèlerine noire, les bottes, le haut capuchon noir. Elles passent et comptent. Et cela dure longtemps.
Quand elles sont passées, chacune remet ses mains aux creux des aisselles de l'autre, les toux jusque-là contenues s'exhalent et les blockhovas crient "Silence!" aux toux dans leurs langues impossibles. Il faut attendre encore, attendre le jour.
L'ombre se dissout. Le ciel s'embrase. On voit maintenant passer d'hallucinants cortèges. La petite Rolande demande  : "Laissez-moi me mettre au premier rang, je veux voir." Elle dira plus tard : "J'étais sûre de la reconnaître, elle avait les pieds déformés, j'étais sûre de la reconnaître à ses pieds." Sa mère était partie au revir quelques jours auparavant. Chaque matin elle guettait pour se rappeler quel jour sa mère serait morte.
Il passe d'hallucinants cortèges. Ce sont les mortes de la nuit qu'on sort des revirs pour les porter à la morgue. Elles sont nues sur un brancard de branches grossièrement assemblées, un brancard trop court. Les jambes — les tibias — pendent avec les pieds au bout, maigres et nus. La tête pend de l'autre côté, osseuse et rasée. Une couverture en loques est jetée au milieu. Quatre prisonnières tiennent chacune une poignée du brancard et c'est vrai qu'on s'en va les pieds devant, c'était toujours dans ce sens-là qu'elles les portaient. Elles marchent péniblement dans la neige ou dans la boue, vont jeter le cadavre sur le tas près du 25, reviennent la civière vide à peine moins lourde et passent de nouveau avec un autre cadavre. C'est tous les jours leur travail de tout le jour.
Je les regarde passer et je me raidis. Tout à l'heure je cédais à la mort. À chaque aube, la tentation. Quand passe la civière, je me raidis. Je veux mourir mais pas passer sur la petite civière. Pas passer sur la petite civière avec les jambes qui pendent et la tête qui pend, nue sous la couverture en loques. Je ne veux pas passer sur la petite civière.
La mort me rassure : je ne le sentirais pas. "Tu n'as pas peur du crématoire, alors pourquoi ?" Qu'elle est fraternelle, la mort. Ceux qui l'ont peinte avec une face hideuse ne l'avaient jamais vue. La répugnance l'emporte. Je ne veux pas passer sur la petite civière.
Alors je sais que toutes celles qui passent, passent pour moi, que toutes celles qui meurent meurent pour moi. Je les regarde passer et je dis non. Se laisser glisser dans la mort, ici dans la neige. Laisse-toi glisser. Non parce qu’il y a la petite civière. Il y a la petite civière. Je ne veux pas passer sur la petite civière.
L'ombre se dissout tout à fait. Il fait plus froid. J'entends mon cœur et je lui parle comme Arnolphe à son cœur. Je lui parle. Quand viendra le jour où cessera cette commande a un cœur, Je lui parle.
Quand viendra le jour où cessera cette commande à un cœur, à des poumons, à des muscles ? Le jour où finira cette solidarité obligée du cerveau, des nerfs, des os et de tous ces organes qu'on a dans le ventre ? Quand viendra le jour où nous ne nous connaîtrons plus, mon cœur et moi ?
Le rouge du ciel s'éteint et tout le ciel blêmit et au loin du ciel blême apparaissent les corbeaux qui fondent noirs sur le camp, en vols épais. Nous attendons la fin de l'appel.
Nous attendons la fin de l'appel pour partir au travail.

Charlotte Delbo, rescapée d'Auschwitz,
Auschwitz et après, Aucun de nous ne reviendra,
Editions de Minuit, 1970.

2013-02-22


David Hockney, Self Portrait, 1954

2013-02-20

Morning


Morning
From the edge of the dark a voice shouted " Aufstehen." From within the darkness another echoed "Stavache," and a black stirring followed with everyone extricating their limbs. All we had to do was to find our shoes in order to jump down. The whip whistled and lashed those who did not emerge fast enough from their blankets. Lash in hand, the stubhova standing in the passageway would fly up to the third tier, to the center of the cells, whipping faces and legs numb with sleep. When everything moved and stirred, when everywhere blankets shook themselves out and folded themselves, we heard the clink of metal against metal, vapor veiled the candle's flickering at the core of the dark. They were uncovering the tin cans to dish out tea. Those who had just come in were leaning against the wall, out of breath, trying to contain with their hand on their chest the rapid beating of their heart. They had come back from the kitchens which are far, very far when you must carry a huge, heavy can by holding on to handles that cut into the palms of your hands. Far in the snow, on ice-covered roads or in the mud where you take three steps forward and two back, moving forward and drawing back, falling and getting up and falling again under a weight much too heavy for arms devoid of strength. When they have caught their breath, they say, "It's cold this morning, colder than last night." They say "this morning." It is the middle of the night, a little after three.
The tea steams with a nauseating smell. The stubhovas dispense niggardly portions to our feverish thirsts. They keep the greater part for their ablutions. It is certainly the best use one can make of this, and we would also like to have a wash in good hot water. We have not washed since we arrived, not even our hands in cold water. We drink the tea from our tin cups still smelling of last night's soup. There is no water to wash out the cups either. To drink tea means triumphing in a wild tug-of- war, a melee of club blows, elbowings, fisticuffs, screams. Consumed by thirst and fever, we whirl and swirl in the melee. We drink our tea standing, jostled by those who fear not being served and those who want to exit, because they must do so at once, as soon as they are up. A last blow of the whistle. Alles raus.
The door swings open on the starry night. Each morning is the coldest it has ever been. Each morning we feel that whatever we had to bear is now unbearable, too much, we can no longer take it. At the stars' sill we halt, hesitating, wanting to draw back. This unleases the clubs, the whips, the shrieks. Those standing at the door are hurled into the cold. From the depths of the block, under a pelting rain of blows, everyone is hurled into the cold.
Outside lies the exposed ground, piles of stones, of earth, obstacles to skirt, ditches to avoid, together with ice, mud or snow and the night's excrement. Outside, the piercing cold penetrates us to our very bones. Icy blades. The night outside is bright with cold. The moon casts blue shadows on the ice and the snow.
It's roll-call time. All the blocks disgorge their shadowy figures. Moving awkwardly from cold and fatigue, a crowd reels toward the Lager- strasse. It falls into ranks of five in a bedlam of shrieks and blows. It takes a long time for all these shadows to line up, as they lose their footing on the ice, in the mud and the snow, all these shadows looking for each other, huddling together to reduce their exposure to the icy wind.
Then silence reigns.
Neck drawn into her shoulders, chest pulled in, each places her hands under the arms of the one in front of her. Since they cannot do it in the first row, we rotate. Backs to chests, we stand pressed against each other, yet, as we establish a single circulatory system, we remain frozen through and through. Annihilated by the cold. Feet, these remote and separate extremities, cease to exist. Shoes stay wet from yesterday's and all yesterdays' snow and mud. They never dry.
We will have to stay motionless for hours in the cold and the wind. We do not speak. Words freeze on our lips. Masses of women standing immobile are struck with stupor. In the night. In the cold. In the wind.
We remain immobile and the amazing thing is that we remain standing. Why? No one thinks, "What's the good of that?" or no one voices this thought. At the end of our rope, we remain standing.
I am standing amid my comrades and I think to myself that if I ever return and will want to explain the inexplicable, I shall say: "I was saying to myself: you must stay standing though roll call. You must get through one more day. It is because you got through today that you will return one day, if you ever return. " This is not so. Actually I did not say anything to myself. I thought of nothing. The will to resist was doubtlessly buried in some deep, hidden spring which is now broken, I will never know. And if the women who died had required those who returned to account for what had taken place, they would be unable to do so. I thought of nothing. I felt nothing. I was a skeleton of cold, with cold blowing through all the crevices in between a skeleton's ribs.
I am standing amid my comrades. I do not look at the stars. They stab with cold. I do not look at the barbed-wire enclosures, white in the night under the lights. They are claws of cold. I see my mother with that mask of hardened will her face has become. My mother. Far. I look at nothing. I think of nothing.
Each breath drawn in is so cold that it strips the whole respiratory system. Skin ceases to be the tight protective covering for the body. The cold strips us nude, down to the bowels. The lungs flap in the icy wind. Wash out on a line. The heart is shrunk from cold, contracted, constricted till it aches, and suddenly I feel something snap there, in my heart. My heart breaks loose from my chest and everything that holds it in its place. I feel a stone falling inside me, dropping with a thud. It is my heart. I am filled with a wonderful sense of well-being. How good one feels, free of this fragile, demanding heart. One sinks into a soft lightness which must be happiness. Everything melts within me, everything assumes the fluidity of joy. I surrender, and it is sweet to surrender to easeful death, sweeter than to love, and to know that it is over, no more suffering and struggling, or requiring the impossible from a heart at the end of its ressources. This fit of giddiness lasts less than an instant, but long enough to experience a bliss one did not know existed.
When I come to, it is from the shock of the slaps Viva imprints on my cheeks with all her might, lips tight, eyes averted. Viva is strong. She does not faint at roll call. I do, every morning. It is a moment of indescribable happiness. Viva must never know this.
Again and again she speaks my name which surges, distant, from the bottom of the void — it is my mother's voice I hear. The voice grows hard: "Keep your chin up! On your feet!" And I feel that I cling to Viva as a child to its mother. I am hanging onto her who kept me from falling into the mud, into the snow from which one never rises. And I must struggle to choose between this consciousness which means suffering and this abandon which promised happiness, and I am able to make this choice because Viva tells me, “Keep your chin up! On your feet!” I do not argue with this command. Although I long to give in once, once since it will be the only time. It is so easy to die here. All you must do is let go of your heart.
I regain possession of myself, and of my body, as though slipping back into cold and wet clothes. My pulse is returning and beating, my lips seared by the cold are torn at the mouth's corners. I regain possession of the anguish that permanently fills me, and of the hope to which I did such violence.
Viva no longer uses her hard voice and asks, " D'you feel better ?" and her voice is so comfortingly tender that I answer, "Yes, Viva. I'm better." It is my lips that answer, and in so doing tear a little more where they are chapped by fever and cold.
I am surrounded by my comrades. I take my place once more in the poor communal warmth created by our contact, and since we must return completely, I return to the roll call and think: It's the morning roll call — what a poetic title, it would be — the call of the morning. I no longer knew the difference between morning and evening.
This is the morning roll call. The sky gradually brightens in the east. A flaming spray spills there, frozen flames, and the shadows drowning our own dissolve little by little, letting our faces emerge from the dark. All these purplish, deathly livid faces grow more so as the light spreads in the sky. Now you can tell who was grazed by death last night, who will be taken away this evening. For death is imprinted on the face, clings implacably to it, and our eyes do not need to meet for all of us to realize as we look at Suzanne Rose that she is going to die, that Mounette is going to die. Death is imprinted on the skin drawn tight over the cheekbones, the skin stuck to the eye sockets, stuck to the jawbones. And we know that it is no use now to call forth their home, or their son, their mother. It is too late. There is nothing we can do for them.
Darkness dissolves a bit more. The dogs' barking is coming closer. They mark the arrival of the SS. The blockhovas shout "Quiet!" in their impossible tongues. The cold nips our hands emerging from below our comrades' arms. Fifteen thousand women stand at attention.
The SS women officers stride by — tall in their black capes, boots, high black hoods. They count us as they pass. And it lasts a long time.
When they have passed by, each one of us places her hands back in another woman's armpits. Coughs repressed until then burst forth and the blockhovas shout "Quiet!" at the coughs in their impossible languages. We must still wait, await the break of day.
The dark dissolves. The sky is aglow. We can now see hallucinating processions passing by. Little Rolande asks, "Let me through to the first row. I want to see." Later she will explain, "I was sure of recognizing her. She had deformed feet. I was sure to know her by her feet." Her mother had been taken to the charnel house a few days earlier. She kept watch each day to know when her mother died.
Hallucinating processions pass by. These are the women who died in the night, taken from the charnel houses to the morgue. They are naked on stretchers fashioned roughly from branches, stretchers far too short. The legs — the shinbones — hang over the side with their thin, bare feet at the end. The head hangs over the other side, bony and shaven. A tattered blanket is thrown across the middle. Four prisoners carry the stretchers, one at each handle, and it is true that you go feet first, this was always the direction in which they carried the corpses. They walk with difficulty in the snow or the mud, and fling the body on the pile near block 25. They return with an empty stretcher, hardly less heavy, and pass by again with a new corpse. It is their work every day, their everyday work.
I watch them go by and brace myself. A while back I was surrendering to death. Each dawn I experience the same temptation. When the stretcher passes by, I brace myself. I wish to die but not to be carried on the small stretcher. Not to be carried by on the short stretcher with hanging legs and head, naked under a tattered blanket. I do not wish to be carried on the small stretcher.
Death is reassuring. I would not feel it. "You're not afraid of the crematorium, so what is there to fear?" How fraternal death can be. Those who depicted it as hideous never saw it. However, revulsion wins out. I do not wish to pass by, carried on the small stretcher.
I know then that all those who pass by are passing for me, that all those who died died for me. I watch them passing and I say no. To slide into death, here, in the snow. Let yourself slide. No, because there is the little stretcher. I do not wish to pass by carried on the small stretcher.
The dark is completely dissolved. It is colder now. I hear my heart beating and I speak to it just as Arnolphe spoke to his. I talk to my heart. When will the time come when I will no longer have to be in charge of my heart, my lungs, my muscles? When will this enforced solidarity between the brain, the nerves, the bones and all the organs we have in our belly cease? When will the time come when we will no longer know one another, my heart and me?
The red of the sky fades and the sky grows pale. Far off, in the livid sky, black crows appear, swooping down over the camp in dense flocks.
We await the end of roll call. We await the end of roll call to go off to work.

Charlotte Delbo, Auschwitz and After, translation Rosette C. Lamont, Yale University Press, 1995


2013-02-17

Chair


David Hockney 

Little Chair 
1989-94 
Purpleheart wood with royal blue velvet 
Size: 36 x 30 x 18 inches (91 x 76 x 46 cm 

Big Chair 
1989-94 
Purpleheart wood with royal blue velvet 
Size: 47 x 40 x 27 inches (119 x 102 x 69 cm)

Pool Coffee Table






FRESHWEST DESIGN POOL COFFEE TABLE
Furniture designers Marcus Beck and Simon Macro’s life like ‘Pool Table,’ is made from 50mm acrylic which reflects and refracts light through its surface in such a way that it resembles the depth and hue of an actual swimming pool.
Playing with scale, the miniature stainless steel diving board seems to transform the solid surface of the acrylic into the serenity of still water. Dive in.
Bespoke sizes are also available.
Dimensions: Length 135 cm, Width 90 cm, Height 26 cm
http://www.quintessentiallygifts.com/freshwest-design-pool-coffee-table-198

2013-02-15


Julia Margaret Cameron
Iago, Study from an Italian
Angelo Colarossi
1867

2013-02-14

Love

You may say that one can take away everything from a human being except the faculty of thinking and imagining. You have no idea. One can turn a human being into a skeleton gurgling with diarrhea, without time or energy to think. Imagination is the first luxury of a body receiving sufficient nourishment, enjoying a margin of free time, possessing the rudiments from which dreams are fashioned. People do not dream in Auschwitz, they were in a state of delirium.
And yet you might counter, each had his own stock of memories? No, one couldn’t be sustained by one’s past, draw from its resources. It had become unreal, unbelievable. Everything that had become our previous existence had unraveled. What did we speak of? Material, usable things. We had to omit anything that might awaken pain or regret. We never spoke of love.

Charlotte Delbo, Auschwitz and After

Vous direz qu’on peut tout enlever à un être humain sauf sa faculté de penser et d’imaginer. Vous ne savez pas. On peut faire d’un être humain un squelette où gargouille la diarrhée, lui ôter le temps de penser, la force de penser. L’imaginaire est le premier luxe du corps qui reçoit assez de nourriture, jouit d’une frange de temps libre, dispose de rudiments pour façonner ses rêves. A Auschwittz, on ne rêvait pas, on délirait.
Cependant, objecterez-vous, chacun n'avait-il pas son bagage de souvenirs ? Non. Le passé ne nous était d'aucun secours, d'aucune ressource. Il était devenu irréel, incroyable. Tout ce qui avait été notre existence d'avant s'effilochait. Parler restait la seule évasion, notre délire. De quoi parlions-nous ? De choses matérielles et consommables, ou réalisables. Il fallait écarter tout ce qui éveillait la douleur ou le regret. Nous ne parlions pas d'amour.

Charlotte Delbo, Auschwitz et après, II, 
Une connaissance inutile, 
Les Editions de Minuit, 1970


2013-02-11

Collector


Pieter van Ruijven
 Girl with a Pearl Earring (La Jeune Fille à la perle), Peter Webber, 2003

2013-02-10








2013-02-09

Love



Attention : message de Dianthus, Président de la Terre et Premier ministre tournant du Système Solaire.
- Barbarella ?
- Mr le Président.
- Amour!
- Amour! Juste une minute. Je passe quelque chose.
- Ne vous donnez pas cette peine.. Ceci est une affaire d'état. Ce que je vais dire n'est pas seulement grave... C'est un secret.
- Un secret?
- Avez vous entendu parler d'un jeune scientifique nommé Duran Duran?
- Oui.
- Dernièrement en route pour l'étoile du nord, Il a disparu dans les régions inconnues de Tau Ceti.
- Mais... Où est le secret?
- Duran Duran est l'inventeur du rayon positronique. C'est une arme.
- Une arme ? Pourquoi inventer une arme ?
- Comment le saurai-je? 
- L'univers est pacifié depuis des siècles, Monsieur.
- Ce que nous en savons. Mais nous ne savons rien de Tau Ceti et de ses habitants.
- Ils pourraient être encore en névrose d’irresponsabilité primitive?
- Précisément. Et s'ils apprennent de ce jeune scientifique le secret du rayon positronique, ils pourront briser la tendre union de l'univers.
- Et amener l'insécurité  archaïque...
- Et la guerre.
- Vous voulez dire compétition égoïste et...
- Je veux dire la guerre, conflit sanglant parmi des tribus entières.
- Je n'y crois pas.
- Moi non plus. Mais nous ne pouvons courir le risque.
- Quelque chose doit être fait.
- Oui. Vous êtes celle qui doit le faire.
- Pourquoi moi ?
- Je n'ai ni armée ni police et ne peut me passer du groupe présidentiel. De plus, vous n'êtes qu'a 5-Astro-Navigatrix. Votre mission : Trouver Duran Duran et utiliser vos talents incomparables pour préserver la sécurité des étoiles et de votre planète mère. Vous m'avez compris?
- Parfaitement.
- Voici la seule photo de Duran Duran. 26 ans. Yeux noisette. Plutôt beau gosse.
- Je ne crois pas pouvoir le reconnaître, Monsieur.
- Voici un détecteur d'ondes cérébrales portatif… Attention, réglez votre transmetteur atomique sur 0-3-5.
- Positif.
- Objet en transfert.
- Objet reçu.
- Pour tester la présence de Duran Duran, pressez simplement ce contact, la lumière brillera, l’alarme sonnera…
- Il a un traducteur intégré.
- Vous aurez peut-être besoin de ça…
- Une arme?
- Pour votre défense. Nous l'avons empruntée au musée des conflits. Je suis fier de vous. Un jour, Barbarella, nous devons nous rencontrer dans la chair. Merci... et... Amour!
- Amour!… Armée... Comme un sauvage nu.



Stand by for a message from Dianthus, President of Earth and Rotating Premier of the Sun System.
- Barbarella?
- Mr. President.
- Love!
- Love! Just a minute. I'll slip something on.
- Don't trouble yourself.. This is an affair of state. What I must say not only is grave... It's a secret.
- A secret?
- Have you ever heard of a young scientist named Duran Duran?
- Yes.
- Recently en route to the North Star, he vanished into the uncharted regions of Tau Ceti.
- But... why is that a secret?
Because Duran Duran is the inventor of the Positronic Ray.
- It's a weapon.
- Weapon? Why would anyone want to invent a weapon?
- How should I know?
- The universe has been pacified for centuries, Sir.
- As far as we know. Yet we know nothing of Tau Ceti or its inhabitants.
- Could they still be in a primitive state of neurotic irresponsibility?.
- Precisely. And if they learn from this young scientist the secret of the Positronic Ray, they will be able to shatter the loving union of the universe.
- That might mean archaic insecurity...
- And war.
- You mean selfish competition and...
- I mean war.
- Bloody conflict among entire tribes. I don't believe it.
- Neither do I. But we can't take a chance.
- Something must be done.
- Yes. You're the girl who must do it.
- Why me?
- I have no armies or police. I can't spare the presidential band. Plus, you're a 5-star Astro-Navigatrix. Your mission then: Find Duran Duran and use your incomparable talents to preserve the security of the stars and our own motherplanet. How do you read me?
- Straight.
- Here's the one known photo of Duran. Age 26. Hazel eyes. A rather handsome fellow.
- I don't think I'll be able to recognize him, sir.
- Now, this is a portable brainwave detector. Attention... Set your atom transmitter at 0-3-5.
- Positive.
- Object in transit.
- Object received.
- In order to test for Duran Duran's presence, simply press this contact. Light will glow. The alarm will sound.
- It has a built-in tongue box.
- Here is something you may need.
- It's a weapon?
- For self-preservation. We borrowed it from the Museum of Conflict. That's my good girl. One day, Barbarella we must meet in the flesh. Thankyou. And... Iove!
- Love! … Armed... Like a naked savage.

Barbarella, Roger Vadim, 1968, d'après/after Jean-Claude Forest

2013-02-06

Apprenez un pas une danse




Je vous en supplie faites quelques chose apprenez un pas une danse quelque chose qui vous justifie qui vous donne le droit d’être habillés de votre peau et de votre poil apprenez à marcher et à rire parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie

Charlotte Delbo, Une connaissance inutile, Editions de Minuit



"Triangle rose" : les opposants au mariage homo se trahissent-ils eux-mêmes ?
Par Bruno Roger-Petit
Chroniqueur politique

LE PLUS. Une passe d'armes a opposé des députés de l'UMP, Christian Jacob en tête, à la ministre de la Justice Christiane Taubira sur l'emploi des expressions "triangle rose" et "triangle noir" lors du débat sur le mariage homosexuel à l'Assemblée. De l'avis de Bruno Roger-Petit, cet échange et ce jeu de mot douteux ne peuvent que desservir les parlementaires UMP.

Plus le débat sur le mariage pour tous avance à l'Assemblée, plus il dévoile ce que certains députés de l'UMP opposés au mariage tentent de dissimuler derrière un vocabulaire précautionneux : un rapport particulier, compliqué, tortueux, parfois hostile, avec la place de l'homosexualité dans la société. Ce fut patent avec l'incident qui a opposé Christiane Taubira à Christian Jacob, président du groupe UMP, et le député Elie Aboud.

"Le temps du triangle rose est terminé"
Tout a commencé par une sortie du député Aboud faisant référence à "son collègue PS de l'Hérault Christian Assaf", qui avait déclaré la semaine passée : "Le temps du triangle rose est terminé."
Visiblement décidé à expliquer que les projets du gouvernement finiraient par nuire aux homosexuels eux-mêmes, M. Aboud déclare "qu'un "pédopsychiatre reconnu [...] alerte toute la société. Et ce n'est pas du triangle rose qu'il parle mais d'un triangle noir", allusion évidente au triangle noir imposé par les Nazis dans les camps de concentration aux prisonniers qu'ils estimaient "asociaux" (dont les lesbiennes, le triangle rose étant réservé aux homosexuels).
Là-dessus, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, lui répond qu'il est "inqualifiable de faire un mot d'esprit sur une expression pareille".
Cette pique déclenche la colère de Christian Jacob, président du groupe UMP, qui s'en prend alors à la Garde des sceaux : "Vous êtes indigne des responsabilités que vous exercez !" Bruno Le Roux apporte alors le "soutien entier" du groupe PS à la ministre, qui elle-même persiste en rappelant les différents dérapages des députés UMP ("enfants playmobils" et autres) en concluant : "Vous ne pouvez pas tout vous permettre dans cet hémicycle."

Propos maladroit
Cet incident de séance a été rapporté partout, sans que jamais ne soit pris le temps d'analyser ce qu'il dit de l'état d'esprit des opposants UMP au mariage pour tous et à l'accès à l'égalité des droits pour les homosexuels.
Dans les échanges en question, le député Aboud, puis le président Jacob, justifient l'emploi de l'expression "triangle noir" en référence à l'usage de l'expression "triangle rose" faite par le député socialiste Assaf quelques jours auparavant.
C'est là que se situe le nœud psychologique de l'affaire : Assaf n'avait pas accusé les députés UMP hostiles à la réforme d'être des homophobes dignes de l'Allemagne nazie, il avait simplement voulu signifier que la stigmatisation des gays était d'un autre temps. Le propos était peut-être maladroit, mais il est étonnant (et confondant ?) de constater que bon nombre des députés UMP en défaveur du mariage pour tous l'avaient pris pour eux.

Elie Aboud, coupable démasqué ?
Elie Aboud est en revanche bien plus pervers dans son procédé rhétorique. Il se sert d'un double paravent. D'une part, les propos d'Assaf sur le "triangle rose", d'autre part, l'affichage du souci de la préservation sociale des homosexuels en tentant de démontrer que, compte tenu de l'état de la société, cette réforme leur nuira plus qu'autre chose.
In fine, Aboud établit implicitement l'équation : homos = mariage pour tous = rejet de la société = triangle rose = triangle noir = asociaux, donc homos = asociaux.
Ce qui provoque l'indignation de Christiane Taubira, c'est bel et bien le procédé rhétorique utilisé par Aboud et défendu par Jacob. Et la ministre et Bruno Le Roux ont eu bien raison de souligner que, depuis le début des débats (et pas qu'à l'Assemblée du reste...), les opposants au mariage homo réagissent toujours de manière stupéfiante dès qu'un de leurs contradicteurs les met en garde contre les dérives possibles, susceptibles de générer de l’homophobie, se comportant souvent en coupables démasqués.

Trahi par son inconscient
De ce point de vue, le propos du député Aboud est intéressant et révélateur : arguer de la défense des homos au nom de la société telle qu'elle est aujourd'hui en expliquant que le mariage pour tous va braquer ladite société contre les homos au point de risquer de les considérer comme des asociaux, n'est-ce point révéler sa propre vérité ? La question ne peut pas ne pas être posée.
Le raisonnement vaut pour le procès fait à Pierre Bergé il y a quelques jours. Parce qu'il avait dit que "cet humus antisémite, anti-gay et anti tellement de choses, il existe, et le nier me semble un peu trop facile", un certain nombre d'opposants au mariage pour tous ont crié à l'amalgame, s'estimant traités d'antisémites... Or Bergé n'avait cité personne en particulier et avait proféré une évidente évidence, difficilement contestable.
Là encore, des opposants au mariage pour tous se sont comportés en coupables démasqués. Or, s'ils étaient à l'aise avec leur conscience, ils n'auraient jamais dû réagir ainsi.
Ainsi se présente la leçon de cet incident parlementaire tant rapporté, mais si peu commenté. Il est difficile de mener en conscience un combat politique en avançant masqué. Tôt ou tard, on s'expose à être trahi par son inconscient.

2013-02-04

Soeurs de la Perpétuelle Indulgence


Les Sœurs du Couvent de Paris ont formé les vœux suivants :
  • La promotion de la joie multiverselle
  • L’expiation de la honte et de la culpabilité stigmatisante
  • La paix et le dialogue entre communautés
  • La charité
  • L’information et la prévention du VIH et des IST
  • Le droit et le devoir de mémoire