2011-01-30

Europeana

"Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie étaient de vrais gaillards et mesuraient en moyenne 1 m 73 et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne ils auraient mesuré 38 kilomètres. Les Allemands étaient également de vrais gaillards mais les plus gaillards de tous étaient les tirailleurs sénégalais de la Première Guerre Mondiale qui mesuraient 1 m 76 et qu’on envoyait en première ligne pour que les Allemands soient pris de panique. On a dit de la Première Guerre Mondiale que les gens y tombaient comme des graines et les communistes russes ont calculé combien un kilomètre de cadavres pouvait donner d’engrais et combien ils économiseraient en coûteux engrais étrangers s’ils se servaient des cadavres des traîtres et des criminels. Et les Anglais inventèrent les chars d’assaut et les Allemands un gaz qu’on a appelé ypérite parce qu’ils l’auraient utilisé pour la première fois près de la ville d’Ypres mais on a dit plus tard que ce n’était pas vrai. On l’a appelé aussi gaz moutarde parce qu’il piquait le nez comme la moutarde de Dijon et certains soldats rentrés chez eux après la guerre n’ont plus jamais voulu manger de moutarde de Dijon. On a dit de la Première Guerre Mondiale que c’était une guerre impérialiste parce que les Allemands avaient le sentiment que les autres pays étaient de parti pris et voulaient les empêcher de devenir une puissance et d’accomplir des missions historiques. Et la plupart des gens en Europe en Allemagne Autriche France Serbie Bulgarie etc. pensaient que c’était une guerre nécessaire et juste et qu’elle rétablirait la paix dans le monde et réveillerait en l’homme des vertus que le monde moderne avait refoulées amour de la patrie courage esprit de sacrifice. Et les gens pauvres étaient impatients de prendre le train et les gens des campagnes étaient impatients de voir les grandes villes et de téléphoner à la poste du chef-lieu pour dicter un télégramme à leur femme VAIS BIEN ESPERE DE MEME POUR TOI et les généraux étaient impatients d’entendre parler d’eux dans les journaux et les membres des minorités nationales se réjouissaient de faire la guerre au côtés de ceux qui parlaient sans accent et de chanter avec eux des marches militaires et des chansons paillardes. Et tous pensaient qu’ils seraient de retour pour les vendanges ou en tout cas pour Noël."


"The Americans who fell in Normandy in 1944 were tall men measuring 173 centimeters on average, and if they were laid head to foot they would measure 38 kilometers. The Germans were tall too, while the tallest of all were the Senegalese fusiliers in the First World War who measured 176 centimeters, and so they were sent into battle on the front lines in order to scare the Germans. It was said of the First World War that people in it fell like seeds and the Russian Communists later calculated how much fertilizer a square kilometer of corpses would yield and how much they would save on expensive foreign fertilizers if they used the corpses of traitors and criminals instead of manure. And the English invented the tank and the Germans invented gas, which was known as yperite because the Germans first used it near the town of Ypres, although apparently that was not true, and it was also called mustard because it stung the nose like Dijon mustard, and that was apparently true, and some soldiers who returned home after the war did not want to eat Dijon mustard again. The First World War was known as an imperialist war because the Germans felt that other countries were prejudiced against them and did not want to let them become a world power and fulfill some historical mission. And most people in Europe, Germany, Austria, France, Serbia, Bulgaria, etc., believed it to be a necessary and just war which would bring peace to the world. And many people believed that the war would revive those virtues that the modern industrial world has forced into the background, such as love of one’s country, courage, and self-sacrifice. And poor people looked forward to riding in the train and country folk looked forward to seeing big cities and phoning the district post office to dictate a telegram to their wives, I’M FINE, HOPE YOU ARE TOO. The generals looked forward to being in the newspapers, and people from national minorities were pleased that they would be sharing the war with people who spoke without an accent and that they would be singing marching songs and jolly popular ditties with them. And everyone thought they’d be home in time for the grape harvest or at least by Christmas. ...more"

Patrik Ourednik, Europeana, Traduit du tchèque par Marianne Canavaggio, Editions Allia, 2004
Patrik Ourednik, Europeana, Translated by Gerald Turner, Dalkey Archive Press, 2005



Marco Callea

2011-01-29

Tolérance


Tolérance, Pierre-Henry Salfati,1989

Alice



OH!MY!GISUS!, ohmygisus.tumblr.com

2011-01-27

2011-01-26



Kikugawa Eizan 菊川英山 (1787-1867)

2011-01-24

Oiran Dōchū おいらん道中

Yoshiwara







Utamaro Kitagawa (1753-1806), Seiro Ehon Nenju Gyoji (The Year in the Greenhouses), ca. 1804

2011-01-23

Sakuran













Sakuran / 錯乱 – Délire
Sakura / さくら – Fleur de cerisier
Anna Tsuchiya, Sakuran, Mika Ninagawa, 2007

2011-01-22

Madeleine





Kate Winslet (Madeleine LeClerc), Geoffrey Rush (Sade), Quills, Philip Kaufman & Doug Wright, 2000

Les prisons du marquis

"C’est moi qui ai inventé la bague du marquis. Dans l’ambre, il y a une araignée. La costumière était désemparée. Un bijoutier devait faire la bague et chaque fois que l’ambre était assez chaud, l’araignée séchée qu’il avait se désagrégeait. A la fin il a réussi à la faire."
"The ring that the marquis wears was my own invention. In the amber, there is a spider. The costume designer was flummoxed because she commissionned the jeweler to make the ring and every time he heated the amber enough to melt it, the freeze-dried spider that he’d procured was disintegrate. But finally finally he was able to craft it."
Doug Wright

2011-01-21

Les prisons



Charenton, décors de Martin Childs, Quills, Philip Kaufman & Doug Wright, 2000

... la lecture




- Si j’avais su vos goûts en matière de romans, je ne vous aurais jamais appris à lire.
- Ne dites pas cela. La lecture est ma planche de salut.
- Mais pourquoi vous autorisez vous à lire sa pornographie ?
- C’est le salaire auquel j’ai droit après avoir trimé pour des malades mentaux toute la journée. Ce que j’ai vu jusqu’ici de la vie n’est guère fait pour retenir mon intérêt. Je m’imagine moi-même dans ses histoires, j’interprète des personnages, je suis tantôt une putain tantôt une meurtrière…
- Oh Madeleine
- Si je n’étais pas une aussi mauvaise femme dans ces pages que je lis, je ne serais sans doute pas une femme aussi honnête dans la vie.

- Had I known your taste in such novels, I never would’ve tought you to read.
- Don’t say that. Reading’s my salvation.
- But why must you indulge in his pornography ?
- It’s a hard days wages, slaving away for madmen. What I’ve seen in life, it takes a lot to hold my interest. I put myself in his stories. I play the parts. Each strumpet, each murderess.
- Maddy…
- If I wasn’t a bad woman on the page, I’ll hazard I couldn’t be such a good woman in life.

Kate Winslet (Madeleine LeClerc), Joaquin Phoenix (L'Abbé du Coulmier), Quills, Philip Kaufman & Doug Wright, 2000

L'important c'est d'aimer









Romy Schneider, Fabio Testi, L'important c'est d'aimer, Andrzej Żuławski, 1975
Isabelle Adjani, Sam Neill, Possession, Andrzej Żuławski, 1981

2011-01-20

Richard III

Une sorte de monstre, visage écrasé, traits boursouflés, regard obscur, bouche à peine mobile, prend place dans le métro, effrayant les jeunes filles, il éructe : elles ont peur, un sabre ! accompagnant le mot du geste, un sabre qu’il brandit la douleur dans le regard : ma mère !, il me regarde : l’homme a peur, pourquoi l’homme a peur ?, éternelle question lui dis-je, William Shakespeare dit-il, Shakespeare insiste-t-il : l’Anglais ! Etre ou ne pas être…
Tyran sans royaume, Richard III.
LB






Klaus Kinski, L'important c'est d'aimer, Andrzej Żuławski, 1975

2011-01-13

La chanson de Julia



J’évolue en spirale
Je suis une vibration
J’atteins les sphères célestes
Je monte encore plus haut
Par delà les étoiles
Et je deviens planète

Je suis un pur esprit
Mon corps est de lumière
Le ciel est infini
Je vois j’entends je vis
Mon âme en robe blanche
Embrasse la connaissance

La vie commence ici
La mort n’existe pas
Elle n’est qu’une apparence
Elle n’est qu’une apparence
Je viens de naître ici
Au royaume de la vie

Je suis grain de poussière
Sur un rayon de lune
Je parcours l’univers
Les prairies sous la brume
Je me souviens d’une chanson
Qui ressemble à ton nom

La vie commence ici
La mort n’existe pas
Elle n’est qu’une apparence
Elle n’est qu’une apparence
Je viens de naître ici
Au royaume de la vie

Tout ce qui est en haut
Est comme ce qui est en bas
Je vais renaître sur terre
Les hommes se font la guerre
Et je m’appelle Julia
Il fait froid c’est l’hiver

Danielle Messia, (1956-1985)

2011-01-12

These dreams

2011-01-11

Théâtre

L'inutilité théâtrale (et sans joie) de tout

QUAND ON SAIT.

The theatrical uselessness (and no joy there) of everything

WHEN YOU KNOW.

Jacques Vaché


L'inutilité théâtrale (et sans joie) de tout

TANT QU’ON NE SAIT.

LB


2011-01-09

Les Palais de Prospero















Ellen Vomberg, livres pop-up pour Propspero's Books de Peter Greenaway, 1991
Photographies, www.ellenvomberg.com