2011-10-24

Iowa


Louis-Philippe assistant dans un salon des Tuileries a la danse d'Indiens hovas. 21 avril 1845.
Karl GIRARDET (1813-1871), 1846
Musée national du Château de Versailles (Versailles)
© Agence photographique de la Réunion des musées nationaux

D’un continent à l’autre

Après avoir parcouru les Etats-Unis entre 1831 et 1838 afin de rencontrer les tribus amérindiennes, de peindre leurs membres et leurs coutumes et de recueillir des objets, George Catlin entreprend de présenter sa collection : il veut sauvegarder et faire connaître la culture des Indiens d’Amérique en train de disparaître sous le coup de la conquête de l’Ouest. Pour animer son musée, il engage une troupe d’Amérindiens Ojibwa puis Iowa. Ceux-ci font office de « tableaux vivants » et réalisent, au milieu des toiles et des objets collectés par Catlin, des performances : ils dansent, chantent, fabriquent des artefacts... Catlin propose donc au visiteur une expérience sensitive complète, une sorte d’immersion totale dans la culture amérindienne, afin de rendre au mieux la vérité de cette société.
Les Américains n’étant pas assez réceptifs à son travail, il décide de présenter son musée en Europe. Il arrive en France en 1845 et expose sa collection, ponctuée des spectacles de la troupe d’Amérindiens Iowa, pendant trois semaines au Louvre avant d’organiser plusieurs représentations publiques dans la salle Valentino, rue du faubourg Saint Honoré au printemps 1845.
Son musée rencontre un vif succès, les spectateurs affluent et parmi eux, certains artistes romantiques (Charles Baudelaire, Champfleury, Théophile Gauthier, Gérard de Nerval et George Sand) qui vont être durablement marqués par cette rencontre avec la culture amérindienne. La collection de Catlin répond en effet à l’engouement français pour les Indiens d’Amérique inauguré avec le mythe du "bon sauvage" et nourri par le succès des livres de Fenimore Cooper, qui vit à Paris de 1828 à 1833 et dont les romans sont immédiatement traduits...
Auteur : Claire Le Thomas

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